MADRID, 3 octobre (EUROPA PRESS) –
L'Alliance Zéro Déforestation estime « irresponsable » que Bruxelles accepte la proposition présentée ce mercredi par la Commission européenne, qui demande formellement de reporter à décembre 2025 l'application de la nouvelle loi qui obligera les entreprises à vérifier et démontrer que des produits tels que Le café, le cacao ou l'huile de palme vendus dans l'Union européenne (UE) ne proviennent pas d'une production génératrice de déforestation, comme le rapporte un communiqué.
Le groupe est composé des Amis de la Terre, des Environnementaux en action, de Greenpeace, de Mighty Earth, de SEO/BirdLife et du Fonds mondial pour la nature (WWF). Parallèlement à ses critiques, l'alliance a lancé un appel au Parlement européen et au Conseil de l'UE pour qu'ils rejettent ce retard et exigent la mise en œuvre du règlement visant à protéger les personnes, les écosystèmes, le climat et les droits de l'homme.
Par ailleurs, la candidate à la vice-présidence de la Commission européenne Teresa Ribera et la présidente de l'organisation, Ursula von der Leyen, ont été invitées à abandonner cette « manœuvre dilatoire » du règlement EUDR, pour maintenir la date d'application effective du règlement. et redoubler d'efforts dans les États membres, en collaboration avec les pays producteurs. De l'avis de l'Alliance, la Commission européenne « doit démontrer sa volonté auprès d'une UE engagée dans la transition écologique ».
Bruxelles défend avoir pris cette mesure après avoir entendu les inquiétudes des partenaires internationaux sur la complexité de se conformer à temps au nouveau cadre juridique communautaire, une réforme pour laquelle des gouvernements comme le gouvernement allemand d'Olaf Scholz avaient également proposé une prolongation. Quoi qu'il en soit, pour que ce report soit effectif, il faudra encore que les Vingt-Sept et le Parlement européen donnent leur accord pour que la nouvelle loi s'applique à partir de décembre 2025 aux grandes entreprises et six mois plus tard, le 30 juin à partir de 2026, à microentreprises et PME.
Dans la déclaration, les organisations ont dénoncé le fait qu'approuver la proposition signifierait « tourner le dos » à 1,2 million de personnes qui ont soutenu la fin de la déforestation causée par la consommation européenne. En outre, ils ont insisté sur le fait que la décision réitère l'inaction face à la crise socio-environnementale mondiale et au recul de la législation sur la protection de l'environnement, selon eux « menée par le Parti populaire européen ».
Ils critiquent également que ce retard pénalise « injustement » les entreprises qui ont déjà réalisé des investissements importants pour se conformer au RDUE et que les « seuls bénéficiaires » de ce retard sont les grandes entreprises des secteurs de l'alimentation animale, du bois, de la viande, des agrocarburants, de la pâte à papier, l'automobile et la grande distribution qui « exercent depuis un certain temps un lobbying à Bruxelles pour faire dérailler cette réglementation ».