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MADRID, 13 mai. (EUROPA PRESS) –
Les autorités judiciaires françaises ont ouvert une enquête contre l'ancien chef de Frontex et actuel député européen du Groupe national, Fabrice Leggeri, pour complicité présumée de crimes contre l'humanité et de torture dans le cadre d'une politique visant à « empêcher à tout prix », y compris des vies humaines, l'entrée de migrants dans l'Union européenne.
« L'enquête a été confiée à un juge d'instruction spécialisé dans les crimes contre l'humanité. L'enquête est toujours en cours », a-t-il indiqué, sans donner plus de détails sur l'affaire Leggeri.
Cela intervient après que la Ligue des droits de l'homme (LDH) et l'ONG Utopia56 ont porté plainte contre Leggeri pour sa responsabilité dans des « crimes commis au moyen d'abus méthodiques et systématiques qui constituent une violation flagrante » du droit international, que ce soit « en raison des retours forcés incessants des autorités grecques ou de l'interception de navires par les garde-côtes libyens ».
Les ONG font valoir dans leur plainte que l'agence a non seulement refusé d'émettre des alertes lorsqu'elle était consciente de la situation dangereuse des navires en mer Méditerranée, mais qu'elle a « matériellement facilité l'interception des migrants en informant les garde-côtes grecs ou, au minimum, en finançant les ressources utilisées dans de telles interceptions ».
De même, ils accusent Leggeri d'avoir « délibérément dissimulé la gravité des incidents et des abus commis », en plus d'avoir « utilisé sa surveillance aérienne pour intercepter des navires destinés aux forces libyennes, au lieu de secourir ceux qui se trouvaient à bord ».
La plainte – qui détaille qu'il y a eu près de 222 incidents tragiques ayant touché 8 355 personnes entre mars 2020 et septembre 2021 – a été initialement déclarée irrecevable par un juge d'instruction, bien que l'affaire ait été portée devant la cour d'appel de Paris.
Leggeri a présenté sa démission en avril 2022 devant le conseil d'administration de l'organisation européenne à la suite d'un rapport de l'agence antifraude OLAF avec des preuves d'irrégularités dans la gestion de l'agence européenne.
A cette époque, l’ONG allemande Sea Watch avait dénoncé Frontex devant la Cour de justice de l’Union européenne pour violations présumées des droits de l’homme en raison de sa collusion en Méditerranée avec des retours à chaud et des abus dans le sauvetage de migrants en haute mer.
La Cour européenne a jugé en 2024 que l’agence de surveillance des frontières n’avait pas suffisamment justifié sa décision de ne pas fournir à l’ONG susmentionnée des documents relatifs à un incident enregistré le 30 juillet 2021 concernant un bateau transportant des migrants qui avait été renvoyé sur les côtes libyennes parce que Frontex avait facilité son retour grâce au déploiement d’un patrouilleur libyen.