– CLAUDIO CENTONZE / COMMISSION EUROPÉENNE – Archive
MADRID, 15 février (EUROPA PRESS) –
Le commissaire européen à la Défense, le chrétien-démocrate lituanien Andrius Kubilius, comparaîtra jeudi devant la Commission mixte pour l'Union européenne (Congrès-Sénat) pour rendre compte des projets des Vingt-Sept pour renforcer leur défense. Il devrait aborder, entre autres, le nouveau plan anti-drone du bloc européen, le soutien à l'Ukraine contre la Russie et la nouvelle mission de sécurité dans l'Arctique contre les menaces de Donald Trump contre le Groenland.
La Commission européenne a présenté en milieu de semaine son plan d'action pour faire face aux menaces croissantes que représentent les drones pour la sécurité de l'UE, dans le cadre des problèmes liés aux survols hostiles, aux violations de l'espace aérien et aux perturbations dans les aéroports liés aux drones et aux ballons sondes que les Vingt-Sept attribuent à la Russie.
Le plan propose un développement technologique et une augmentation rapide de la production industrielle ; renouveler la réglementation actuelle sur les drones aériens et civils et l'adapter aux nouvelles réalités ; la création d'un label « drones de confiance de l'UE » ; tirer parti des technologies et des réseaux 5G pour mieux détecter les drones ; un renforcement des réponses à l’activité malveillante des drones ; de la capacité de défense de l'Europe contre ces véhicules sans pilote ; et la création d'un nouveau Centre d'excellence Antidrone, entre autres.
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Kubilius lui-même a assuré que la mise en œuvre du plan matérialisait l'idée du « mur anti-drone ». « Pour parvenir à une véritable préparation en matière de défense, l'Europe doit être capable de protéger ses frontières et ses emplacements critiques grâce à un bouclier sophistiqué à plusieurs niveaux, capable de détecter et de neutraliser toute menace en temps réel », a-t-il ajouté. Il estime en outre que l'industrie européenne de la défense pourra bénéficier de ce plan.
Lors de la réunion tenue mercredi à Bruxelles par les ministres de la Défense de l'UE, les responsables des dossiers ont abordé les perspectives de sécurité du bloc communautaire pour 2026, avec en arrière-plan le débat sur la nouvelle stratégie européenne de sécurité. En outre, ils ont discuté des moyens d'augmenter le soutien financier à l'Ukraine.
Les Vingt-Sept estiment qu'il est important que Kiev «soit prise en compte» et qu'elle bénéficie également d'une flexibilité dans l'utilisation du prêt de 90 milliards d'euros ratifié mercredi même par le Parlement européen pour couvrir les besoins financiers de l'Ukraine.
En outre, la contribution que l'UE pourrait apporter aux garanties de sécurité exigées par le président ukrainien Volodymyr Zelensky dans le cadre des négociations de paix avec la Russie a été discutée.
Les ministres de la Défense de l'UE ont également discuté de l'opération « Arctic Sentinel » de l'OTAN, lancée au milieu de cette semaine pour renforcer la sécurité et la présence militaire de l'Alliance dans la région, résultat de l'accord conclu entre le président des États-Unis, Donald Trump, et le secrétaire général allié, Mark Rutte, après la crise ouverte par les intentions de la Maison Blanche d'annexer le Groenland, un territoire danois autonome.
La ministre de la Défense, Margarita Robles, a profité de l'occasion pour proposer une initiative maritime dans la Baltique qui unisse les efforts des forces navales de tous les États membres qui souhaitent adhérer, afin de renforcer l'unité d'action de l'UE en déployant une présence maritime communautaire dans la région.
AUGMENTATION DES DÉPENSES DE DÉFENSE
En outre, Kubilius rendra compte, comme on pouvait s’y attendre, de l’augmentation des dépenses et des investissements en matière de défense au sein de l’UE. En 2024, les dépenses des États membres ont atteint 343 milliards d’euros, dont 106 milliards d’euros consacrés aux investissements. En 2025, elle s'élevait à environ 381 milliards d'euros.
Certains outils ont été mis en place, tels que l'instrument Action pour la sécurité de l'Europe, un instrument financier qui fournit jusqu'à 15 milliards d'euros de prêts pour aider les États membres à investir davantage dans la production de l'industrie de défense par le biais de marchés publics communs.
En outre, l'UE permet aux États membres d'utiliser la clause de sauvegarde nationale pour leur donner une plus grande flexibilité budgétaire et ainsi dépenser davantage pour la défense. De même, il a lancé un programme de financement qui fournira 1,5 milliard d'euros sous forme de subventions pour stimuler l'industrie européenne de défense sur la période 2025-2027 et un Fonds européen de défense qui promeut la coopération transfrontalière en matière de recherche et de développement dans le domaine de la défense. Il est doté d'un budget de 8,8 milliards d'euros pour la période 2021-2027.