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BRUXELLES, 15 février (EUROPA PRESS) –
Les ministres de l'Économie et des Finances de la zone euro (Eurogroupe) débattront ce lundi à Bruxelles de la manière de renforcer le rôle international de l'euro et de promouvoir la souveraineté financière et monétaire de l'UE, reprenant la discussion sur la possibilité d'évoluer vers un actif européen sûr qui renforce la position de l'Union sur les marchés financiers internationaux.
L'échange portera sur les différentes manières de renforcer la base économique, fiscale et financière de la zone euro comme condition du renforcement du poids international de la monnaie unique, dans un contexte d'ajustements du système monétaire international et d'attention à l'évolution du dollar comme principale monnaie de référence.
Parmi les outils qui seront proposés figurent l'émission conjointe de titres de créance – des euro-obligations – comme instrument visant à renforcer le poids de l'UE sur les marchés internationaux, ainsi que le développement de solutions de paiement paneuropéennes et la promotion de l'euro numérique.
Même si aucune décision formelle n’est attendue lors de cette réunion, le débat permettra d’approfondir les implications économiques et financières d’une telle orientation, à un moment où différents acteurs européens ont relancé le débat sur l’ampleur et la portée de la dette commune.
Selon des sources du ministère de l'Économie, l'analyse sera abordée selon une approche « très technique » et la discussion se déroulera à deux niveaux : d'une part, son rôle dans le financement des biens publics européens, lié au budget communautaire ; de l'autre, sa dimension strictement financière.
L'objectif, soulignent-ils, est de profiter du contexte international actuel, marqué par « la pression sur le statut du dollar », comme une opportunité pour renforcer le rôle de l'euro comme valeur sûre, dans un axe de travail qui, insistent-ils, doit se traduire par des mesures concrètes ayant un impact à court, moyen et long terme.
Une position que le ministre de l'Économie, du Commerce et de l'Entreprise, Carlos Body, a défendu en appelant à profiter du moment pour doter l'Union d'un « véritable actif refuge » à travers une expansion significative du marché de la dette communautaire.
C'est ce qu'affirme un article publié cette semaine dans le Financial Times, dans lequel il affirme qu'un marché obligataire européen à plus grande échelle rendrait le financement moins cher, attirerait des capitaux à long terme et renforcerait le rôle international de l'euro.
Aux côtés de l'Espagne, la France a également soutenu le recours à un nouveau prêt commun pour financer des investissements stratégiques et renforcer l'autonomie européenne, une « opportunité unique », selon son président Emmanuel Macron, d'offrir au marché mondial une alternative au dollar.
Au contraire, l’Allemagne et certains pays du Nord sont plus réticents à assumer des engagements supplémentaires en matière de dette commune, donnant la priorité à la simplification réglementaire et à la mobilisation de capitaux privés.
AGENDA ÉCONOMIQUE DE LA ZONE EURO
Lors de la même réunion, l'Eurogroupe prévoit d'approuver la recommandation de politique économique pour la zone euro en 2026, un texte déjà bouclé au niveau technique et qui poursuivra son traitement formel au Conseil avant son adoption finale après la discussion des dirigeants en mars.
Par la suite, avec la participation des États membres qui ne partagent pas la monnaie unique, le débat sera élargi aux déséquilibres mondiaux dans l'environnement géoéconomique actuel, avec une attention particulière à leurs implications pour la stabilité financière et la coordination dans les forums internationaux.
En outre, seront abordées les lignes de travail du groupe informel E6, composé de six des principales économies de l'UE – Allemagne, France, Italie, Espagne, Pologne et Pays-Bas -, qui se réunira avant l'Eurogroupe pour coordonner les initiatives en matière économique et financière.
La coalition évaluera les projets stratégiques de l'agenda européen, alignera les politiques clés et discutera des priorités communes, dans le but de préparer des consensus qui faciliteront la prise de décision au sein du forum de la zone euro et accéléreront la mise en œuvre de mesures ayant un impact sur l'ensemble du bloc.