Macron menace de répondre par des tarifs douaniers européens à l'excédent commercial de la Chine


Le Président français Emmanuel Macron visite l'Université du Sichuan à Chengdu (Chine)

– Europa Press/Contact/Kang Jinqian

MADRID, 7 décembre (EUROPA PRESS) –

Le président français Emmanuel Macron a mis sur la table la possibilité d'activer les tarifs douaniers européens en réponse à ce qu'il perçoit comme un énorme déséquilibre de la balance commerciale avec la Chine, sachant que le déficit de biens de l'UE avec Pékin a augmenté de près de 60 % depuis 2019.

A peine arrivé d'une visite chez le géant asiatique, le président français a expliqué dans une interview au journal économique français « Les Échos » qu'il a passé une bonne partie de son voyage « à essayer d'expliquer aux Chinois que leur excédent n'est pas durable, notamment parce qu'ils tuent leurs propres clients, surtout parce qu'ils n'achètent presque plus rien chez nous ».

Pour être précis, et selon les chiffres du Trésor français, le déficit commercial de marchandises de la France avec la Chine a atteint près de 54,7 milliards de dollars (environ 47 milliards d'euros) l'année dernière, tandis que l'excédent commercial de la Chine avec l'UE a augmenté à près de 143 milliards de dollars (environ 122 milliards d'euros) au premier semestre 2025, un record pour n'importe quel semestre, selon les données publiées par lui-même. Gouvernement chinois au début de l'année.

Le président français a déclaré la situation si alarmante qu'il est reparti de son voyage convaincu que la Chine « est sur le point d'attaquer le cœur du modèle industriel européen » et que les tensions bilatérales survenues l'année dernière – Paris a défendu la décision de l'Union européenne d'imposer des droits de douane sur les voitures électriques chinoises et Pékin a répondu contre le cognac français – s'étendent au reste des partenaires européens.

Macron considère désormais la question « comme une question de vie ou de mort pour l'industrie européenne » car « nous sommes désormais dans une situation d'ajustement du marché et c'est le pire scénario possible ». « Si (la Chine) ne réagit pas », a-t-il fini par avertir, « dans les prochains mois, nous, Européens, serons contraints d'adopter des mesures de découplage, comme l'ont fait les États-Unis, en imposant des droits de douane sur les produits chinois » ; une question dont, a-t-il ajouté, il a déjà discuté avec la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen.

Mais avant d’activer cette option, Macron a opté pour des mesures plus conciliantes, comme la suppression des restrictions sur les exportations de machines à semi-conducteurs par l’Europe et les limitations sur les exportations de terres rares par la Chine.

Le cas échéant, le président français a fini par ajouter que tout cela doit s'accompagner d'un nouveau modèle général de pensée économique en Europe : simplification, approfondissement du marché unique, investissement dans l'innovation, protection équitable de nos frontières, aboutissement de notre union douanière et politique monétaire ajustée », a-t-il expliqué.

La décision de la BCE de continuer à vendre les obligations d'État qu'elle détient pourrait faire monter les taux d'intérêt à long terme et entraver l'activité économique, selon le président français. « L'Europe doit et veut continuer à être une zone de stabilité monétaire et d'investissement digne de confiance », a-t-il conclu.