– Eduardo Parra – Europa Press – Archives
BRUXELLES, 18 décembre (EUROPA PRESS) –
Les négociateurs du Conseil (gouvernements) et du Parlement européen sont parvenus ce jeudi à un accord politique sur les futures règles applicables aux investisseurs particuliers, dans le but d'améliorer l'information des clients, d'éviter les conflits d'intérêts et de renforcer la transparence et la protection des investisseurs sur les marchés financiers européens.
Entre autres choses, le pacte renforce l'obligation pour les entités financières et d'assurance d'agir dans le meilleur intérêt du client, en veillant à ce que les produits recommandés correspondent à leur profil, leurs objectifs et leur tolérance au risque.
À cette fin, les règles en matière de conseil sont renforcées et des critères sont introduits pour évaluer le rapport qualité-prix des produits, afin, comme le soulignent les institutions législatives, d'éviter que les instruments soient commercialisés à des coûts disproportionnés pour l'investisseur de détail.
En ce sens, les distributeurs devront analyser si les coûts et les frais d'un produit sont justifiés par rapport à ses performances et à d'autres avantages, et les contrôleurs nationaux pourront s'appuyer sur des références européennes communes pour détecter les produits qui n'offrent pas un bon « rapport qualité-prix ».
L'accord renforce également le contrôle sur les commissions et les incitations perçues par ceux qui vendent des produits financiers, pour les empêcher d'influencer la recommandation de certains produits.
Ces commissions ne seront autorisées que si elles ne nuisent pas au client, apportent un bénéfice clair et sont expliquées de manière transparente, y compris leur impact sur la rentabilité. Les États membres peuvent également maintenir ou introduire des interdictions plus strictes au niveau national.
Enfin, les documents d'information des investisseurs sont revus pour les rendre plus clairs, comparables et plus faciles à comprendre, avec des informations visibles sur les risques, les coûts et les rendements possibles, et adaptés aux formats numériques. L’objectif est que les citoyens puissent prendre des décisions d’investissement plus éclairées.
UNE PLUS GRANDE ÉDUCATION FINANCIÈRE NUMÉRIQUE
Parallèlement à ces points, la pression en faveur de l'éducation financière est renforcée et l'accent est mis sur la figure de ceux que l'on appelle les « influenceurs » financiers, compte tenu du poids croissant que les réseaux sociaux ont dans les décisions d'investissement, en particulier chez les jeunes.
L'accord introduit pour la première fois un cadre spécifique pour réglementer la promotion de produits financiers à travers ces profils, dans le but d'éviter des messages trompeurs ou déséquilibrés sur les risques et la rentabilité.
En ce sens, les entités financières qui utilisent ce type d’influenceurs doivent avoir des accords contractuels écrits et seront responsables du contenu diffusé en leur nom.
Ils doivent entre autres encadrer leur activité et garantir que les communications commerciales sont claires, transparentes et conformes à la réglementation en vigueur. De plus, le caractère publicitaire des messages devra être explicitement identifié, renforçant ainsi la protection des investisseurs particuliers.
Le texte doit être formellement approuvé par le Conseil et le Parlement européen. Une fois publiées au Journal officiel de l'UE, les États membres auront deux ans pour transposer les nouvelles règles dans leur législation nationale.