Les dirigeants de l’UE penchent pour l’émission d’une dette commune pour l’Ukraine et mettent de côté l’option des actifs russes


Le président du Conseil européen, Antonio Costa, salue le président français Emmanuel Macron et le Premier ministre tchèque Andrej Babis.

– ALEXANDROS MICHAILIDIS

BRUXELLES, 19 décembre (EUROPA PRESS) –

Les dirigeants de l'Union européenne envisagent d'émettre une dette commune pour financer l'Ukraine face à l'urgence économique du pays, tout en écartant la possibilité d'utiliser des actifs russes pour un « prêt de réparation », ont confirmé des sources européennes à Europa Press, compte tenu des difficultés liées à l'utilisation des avoirs gelés.

A 15 heures du sommet européen de Bruxelles, l'option d'utiliser le budget communautaire comme garantie d'un prêt à l'Ukraine avec une dette commune fait son chemin, étant donné l'absence d'accord entre les dirigeants de l'UE pour recourir aux actifs russes pour financer une aide à Kiev d'une valeur de 90 milliards d'euros.

« Non seulement le prêt de réparation est en discussion, mais aussi la possibilité d'utiliser la marge budgétaire du budget de l'UE, comme certains dirigeants l'ont spécifiquement mentionné », ont indiqué des sources de l'UE, suite à l'échec du « prêt de réparation », les dirigeants « ayant besoin de plus de temps pour analyser les détails ».

Plusieurs sources européennes confirment à Europa Press qu'un groupe de pays aurait recours à un plan de « coopération renforcée » en s'appuyant sur l'article 20 du traité UE. Le bloc propose ce schéma pour confirmation par le Conseil en dernier recours, lorsqu'il conclut que les objectifs poursuivis par une telle coopération ne peuvent être atteints dans un délai raisonnable par l'Union dans son ensemble.

D'autres pays auraient rejoint les doutes exprimés par la Belgique tout au long du sommet, même si l'accent a été mis pendant une grande partie de la réunion sur l'utilisation des avoirs russes gelés, tandis que la Commission européenne négociait en parallèle avec la Belgique une proposition de conclusions répondant aux exigences de l'exécutif belge.

Les dirigeants des 27 sont arrivés au sommet de Bruxelles avec des divergences sur le recours aux liquidités des actifs bloqués par les sanctions de l'UE pour un éventuel « prêt de réparation » de 90 milliards d'euros à Kiev. Le président du Conseil européen, António Costa, a défendu que la réunion durera le temps nécessaire pour obtenir le « feu vert » pour un soutien économique à l'Ukraine et que l'UE « n'approuvera jamais une solution qui ne garantit pas une sécurité complète à la Belgique ».