-ALAIN ROLLAND
BRUXELLES, 21 janvier (EUROPA PRESS) –
La séance plénière du Parlement européen a donné son feu vert ce mercredi à l'exonération de la Hongrie, de la Slovaquie et de la République tchèque du prêt d'un montant maximum de 90 milliards d'euros que l'Union européenne accordera à l'Ukraine pour couvrir ses besoins de financement urgents au cours des deux prochaines années.
La décision s'articule à travers l'application de la procédure de coopération renforcée, un instrument juridique qui permet d'avancer sur des initiatives spécifiques lorsqu'il n'est pas possible de parvenir à un accord commun entre les Vingt-Sept, et qui dans ce cas permet de débloquer le prêt malgré le manque de soutien des trois États.
Avec 499 voix pour, 135 contre et 24 abstentions, le Parlement européen a ainsi approuvé ce mécanisme, qui permettra de mobiliser des ressources du budget communautaire en garantie du prêt sans affecter les obligations financières de la Hongrie, de la Slovaquie et de la République tchèque, même si leurs entreprises seront éligibles aux appels d'offres financés avec ces fonds.
Par ailleurs, les députés ont approuvé la veille l'accélération du traitement du prêt en activant la procédure d'urgence, une décision qui accélérera l'examen parlementaire du paquet financier et laissera les prochaines étapes jusqu'à son approbation finale entre les mains des négociateurs du Parlement européen et du Conseil.
Dans le même esprit, le Parlement a donné son feu vert pour avancer les propositions complémentaires nécessaires à la mise en œuvre de l'instrument, parmi lesquelles l'adaptation du mécanisme d'assistance à l'Ukraine, dans le but que le prêt puisse être déployé dans les délais prévus.
LES DEUX TIERS DU PRÊT AUX ACHATS MILITAIRES
L'initiative visant à soutenir l'Ukraine a été convenue par les dirigeants européens lors du sommet de décembre dernier, puis présentée par la Commission européenne la semaine dernière, qui a proposé d'allouer les deux tiers du prêt – jusqu'à 60 milliards d'euros – aux dépenses militaires, avec une priorité pour les achats auprès de l'industrie ukrainienne et européenne.
Les 30 milliards restants, comme l'a expliqué la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, serviront à couvrir les besoins budgétaires de Kiev et à garantir le fonctionnement de l'administration publique.
Bruxelles prévoit que le premier décaissement pourra être effectué en avril prochain, à condition que la proposition reçoive l'approbation finale du Conseil et du Parlement européen à temps pour respecter ces délais.