La Russie met en garde la Belgique contre les conséquences si elle utilise des avoirs gelés pour soutenir l'Ukraine

MADRID, 12 novembre (EUROPA PRESS) –

Les autorités russes ont prévenu mercredi le gouvernement belge qu'il devra rendre des comptes, « et d'une manière qui ne sera pas facile », s'il renonçait finalement à ses avoirs gelés pour soutenir l'Ukraine, comme le proposent de plus en plus de partenaires de l'Union européenne, entre autres, d'acheter des céréales ukrainiennes.

Sur cette question, le Service russe de renseignement extérieur (SVR) s'est fait l'écho des informations selon lesquelles l'Arménie aurait intérêt à acheter des céréales ukrainiennes au détriment des céréales russes, mais sans assumer les coûts imposés par Kiev, c'est pourquoi il demande à Bruxelles d'assumer la différence, qui selon Moscou est plus du double.

« Ce qui est intéressant, c'est que l'UE se voit offrir un 'trois pour un' : des céréales pour l'Arménie, un soutien à Kiev et la promotion de la méfiance entre Moscou et Erevan », ironise le SVR, qui se demande d'où l'Europe va obtenir cet argent si « elle est au bord d'une crise socio-économique » en raison de sa « désir de vaincre la Russie ».

« L'idéal serait de payer les céréales ukrainiennes avec des avoirs russes volés. Mais pour l'instant, ils n'ont pas pu s'en débarrasser. La Belgique, l'entité qui gère ce 'fonds commun des voleurs', résiste. Elle craint de devoir rendre des comptes, et à juste titre, elle devra sans doute le faire, et d'une manière qui ne sera pas facile », a-t-il prévenu.

Depuis que la Commission européenne a mis sur la table l'idée d'utiliser les liquidités générées par le gel des avoirs russes pour financer un prêt de réparation de 140 milliards à l'Ukraine, le soutien au sein des Vingt-Sept s'est accru malgré les doutes juridiques et pratiques qu'il suscite.

Cependant, la Belgique, siège du dépositaire du fonds Euroclear où se trouvent la plupart de ces actifs, insiste sur le fait qu'il s'agit d'une « confiscation » qui expose le pays et exige des garanties juridiques que le reste des partenaires le soutiendront si la Russie revendique des responsabilités à l'avenir.

Bruxelles travaille actuellement sur une proposition formelle avec des « options » pour financer Kiev, mais diverses sources européennes consultées ces derniers jours soulignent que l'accent est mis sur l'utilisation d'actifs pour financer le prêt de réparations et que d'autres possibilités, comme l'émission de dette ou de crédits bilatéraux, ne sont que des solutions « théoriques ».

L'objectif est que le document doté de la base juridique conçue par l'exécutif communautaire soit présenté à temps pour que les dirigeants de l'UE puissent l'examiner lors du traditionnel Conseil européen de décembre à Bruxelles.