Bruxelles demande davantage de coopération aux 27 pour anticiper et réagir aux canulars et tentatives de manipulation de tiers

BRUXELLES, 12 novembre (EUROPA PRESS) –

La Commission européenne a choisi mercredi de créer un « Centre européen pour la résistance démocratique » afin de renforcer la coopération entre les organisations européennes et les autorités nationales pour lutter contre les canulars et les tentatives de manipulation avec lesquels des États tiers comme la Russie cherchent à déstabiliser le bloc.

Bruxelles avance également qu'elle présentera des « orientations » sur l'utilisation responsable de l'intelligence artificielle (IA) dans les processus électoraux et mettra à jour l'ensemble des instruments proposés par la loi sur les services numériques (DSA) dans ce domaine.

L'objectif est de « renforcer la capacité collective » à lutter contre les nouvelles menaces contre les valeurs et les systèmes démocratiques européens en se coordonnant avec les États membres pour « anticiper, détecter et répondre » aux tentatives d'ingérence de l'étranger, telles que les tentatives de manipulation des processus électoraux.

Le centre de résistance démocratique aura les États membres eux-mêmes au « noyau » et recherchera l'échange d'informations, dans le but de renforcer la collaboration entre l'expertise et les ressources de l'Union européenne.

Le projet a cependant été présenté par Bruxelles sans calendrier de mise en œuvre ni détails sur le format qu'il aurait, qui le formerait ou le budget dont il disposerait.

L'exécutif communautaire précise cependant qu'il travaillera en « étroite coordination » avec le système d'alerte rapide dont dispose déjà le Service européen pour l'action extérieure (SEAE) et qu'il permettra de « connecter » les réseaux et les structures existants.

Le développement de ce nouveau centre est l'un des piliers de l'ensemble de mesures qui, sous le titre de « Bouclier démocratique », ont été présentés ce mercredi lors d'une conférence de presse à Bruxelles par le vice-président de la Commission européenne pour la souveraineté technologique, la sécurité et la démocratie, Henna Virkkunen, et le commissaire chargé de la justice et de l'État de droit, Michael McGrath.

L'initiative propose une revue des outils dont dispose déjà l'Union pour faire face aux ingérences étrangères, comme le réseau de vérificateurs indépendants ou les protocoles d'incidents et de crises prévus dans les lois déjà en vigueur sur les services numériques (DSA) et sur l'intelligence artificielle.

Dans le cadre de ces nouvelles réglementations, Bruxelles a par exemple déjà lancé un dossier contre la plateforme chinoise TikTok pour ne pas avoir stoppé la propagation de canulars pro-russes lors des élections de 2024 en Roumanie.

Enfin, la Commission prépare une recommandation et un guide de bonnes pratiques afin que les États membres puissent prendre des mesures pour renforcer la sécurité des agents politiques, face à la « violence croissante » contre les candidats et les élus. Elle annonce également un « soutien financier renforcé » au journalisme indépendant et local dans le cadre du nouveau « Programme de résilience des médias » qui reste à détailler dans le futur cadre budgétaire post-2027.