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BRUXELLES, 14 avril (EUROPA PRESS) –
La Cour des comptes européenne a remis en question ce mardi la conception du Fonds temporaire de décarbonation proposé par la Commission européenne, mettant en garde contre des « lacunes » dans son approche et des doutes sur son impact réel sur la réduction des émissions et sa solidité financière.
Dans un avis publié ce mardi, les auditeurs européens soulignent que, dans sa forme actuelle, le fonds – conçu comme une solution temporaire pour empêcher la délocalisation des industries à forte intensité de carbone et financé par les revenus du mécanisme d'ajustement carbone aux frontières (MACB) – ne garantit pas une bonne gestion financière ni n'offre de certitude quant à son efficacité pour stimuler de nouveaux investissements dans la décarbonation.
Concrètement, le rapport souligne qu'il n'est pas clair dans quelle mesure le mécanisme encouragera de nouveaux investissements verts, car, comme ils le préviennent, l'aide sera basée sur les niveaux de production historiques et non sur des projets futurs, ce qui, selon eux, limite sa capacité de transformation industrielle.
De même, les auditeurs critiquent le fait que la Commission ait demandé des exceptions aux règles du budget communautaire qui ne sont pas pleinement justifiées, avertissant que certaines d'entre elles pourraient contrevenir aux principes fondamentaux de la gestion financière de l'UE.
Un autre point souligné est l'incertitude sur les chiffres du fonds. Selon les estimations de Bruxelles, les recettes s'élèveraient à environ 632 millions d'euros par rapport à une dépense prévue de 265 millions, un déséquilibre qui, pour la Cour, fait douter de la nécessité de fixer à 25 % la contribution des États membres au CBAM.
En outre, l'organisme de contrôle met en garde contre des problèmes dans l'exécution temporaire du fonds, puisqu'une partie des ressources ne serait disponible qu'un an après leur collecte, ce qui – prévient-elle – limiterait leur utilisation immédiate et générerait une incertitude sur la gestion de ces actifs.
Les auditeurs reconnaissent toutefois que la conception du fonds présente également des aspects positifs, tels que le recours à des structures administratives déjà existantes, qui réduiront la charge bureaucratique pour les entreprises bénéficiaires.