La Chine met en garde l'UE contre des contre-mesures si elle poursuit ses enquêtes extraterritoriales sur Nuctech


Archives – Drapeaux de la Chine et de l'Union européenne

– Europa Press/Contact/Avishek Das – Archives

MADRID, 17 mai (EUROPA PRESS) –

Les autorités chinoises ont prévenu qu'elles prendraient des contre-mesures juridiques si l'Union européenne persistait à mener des enquêtes que le pays considère comme extraterritoriales et injustifiées, dans le cadre de l'affaire Nuctech, une entreprise chinoise spécialisée dans les équipements de sécurité, comme l'a déclaré le ministère de la Justice (MOJ) dans un communiqué publié par le journal 'Global Times'.

Selon le ministère de la Justice, les enquêtes transfrontalières de l'UE visant Nuctech en vertu du Règlement sur les subventions étrangères (FSR) constituent des « mesures de compétence extraterritoriale inappropriées ». Ainsi, la déclaration prévient qu ' »aucune organisation ou personne ne peut mener ou collaborer à l'exécution de telles mesures ».

Des experts chinois consultés par les mêmes médias interprètent cette décision comme la première application pratique des réglementations administratives du pays contre la juridiction extraterritoriale injustifiée, en vigueur depuis le 13 avril 2024.

Ce règlement, composé de 20 articles, vise à créer des mécanismes pour identifier, bloquer et contrecarrer l'imposition de lois étrangères qui violent la souveraineté chinoise, tout en renforçant les procédures de protection des entreprises et des citoyens concernés.

L'affaire en question remonte à avril 2024, lorsque la Commission européenne a lancé une enquête d'office en Pologne et aux Pays-Bas sur Nuctech, alléguant d'éventuelles subventions étrangères qui « pourraient fausser le marché intérieur de l'UE ».

Dans le même ordre d'idées, un porte-parole du ministère chinois de la Justice a souligné que l'Union européenne, en appliquant le FSR, « exigeait arbitrairement des entités chinoises qu'elles fournissent un large éventail d'informations inutiles situées sur le territoire chinois », ce qu'elle considère comme « une violation flagrante du droit international et des normes fondamentales régissant les relations internationales ».

Le représentant de Pékin a ajouté que la mesure visait à protéger la souveraineté nationale, la sécurité et les intérêts de développement de la Chine, ainsi que les droits des citoyens et des entreprises du pays.

De même, il a dénoncé le caractère discriminatoire du FSR, utilisé par les Vingt-Sept depuis 2023 dans des enquêtes contre plusieurs entreprises chinoises, dont Nuctech, CRRC et Temu, et a reproché à Bruxelles d'appliquer un « double standard » à l'égard des entreprises du milieu européen.

La déclaration conclut en exhortant l'UE à rectifier ces pratiques et à garantir un environnement commercial « juste, équitable et prévisible ». « Si l'UE persiste à aller trop loin, la Chine prendra fermement des contre-mesures conformément à la loi », a prévenu le porte-parole chinois.