Bruxelles demande aux opérateurs comme Renfe d'inclure les offres des concurrents pour un « billet unique » pour les trains de l'UE


Dossier – Plusieurs voyageurs lors de la deuxième opération de départ à l'occasion de la Semaine Sainte 2026, à la gare Madrid-Puerta de Atocha-Almudena Grandes, le 1er avril 2026, à Madrid (Espagne).

– Gustavo Valiente – Europa Press – Archives

BRUXELLES, 13 mai. (EUROPA PRESS) –

La Commission européenne a demandé ce mercredi que les grands opérateurs ferroviaires comme la Renfe espagnole ou la SNCF française incluent dans leurs plateformes d'achat en ligne les itinéraires proposés par leurs concurrents, comme l'une des mesures nécessaires pour évoluer vers un « billet unique » qui permet de combiner des itinéraires et de voyager dans toute l'Union européenne après une seule opération d'achat.

Parmi les clés de cette ouverture, Bruxelles inclut l'obligation pour les opérateurs de mettre en vente les billets « au moins cinq mois » à l'avance – pour autant que le service ait été inclus dans le programme d'exploitation -. L'objectif est de donner « plus de sécurité et de flexibilité » aux voyageurs qui planifient leur voyage, mais cela n'empêchera pas les entreprises d'ajuster leurs tarifs ou d'ajouter de nouveaux services ultérieurement.

« Les passagers n'auraient pas à naviguer sur plusieurs sites Web et à comparer des systèmes déconnectés, ni à se soucier de la compatibilité de leurs billets entre eux », a expliqué le commissaire chargé des transports et du tourisme, Apostolos Tzitzikostas, lors d'une conférence de presse à Bruxelles pour présenter les clés du paquet de propositions.

De cette manière, l'Exécutif communautaire cherche à permettre aux utilisateurs de comparer plus facilement toutes les options des opérateurs et des moyens de transport – qu'ils soient aériens, ferroviaires ou bus – depuis la même plateforme et de pouvoir acheter « avec un seul billet et paiement » toutes les liaisons de leur voyage combiné complet.

À cette fin, Bruxelles réclame également des améliorations en matière de transparence et de protection des droits des passagers pour garantir des prix plus justes et plus compétitifs, mais aussi une couverture pour le passager affecté par tout incident, tel qu'un retard ou une perte de correspondance, sur le trajet prévu avec ce billet unique.

Par ailleurs, afin de garantir une recherche « neutre » pour l'utilisateur, les nouvelles règles définissent les critères que les plateformes doivent utiliser pour la configuration par défaut de la présentation du premier écran, avec des éléments tels que le prix, la durée du voyage, l'heure de départ et les émissions de gaz polluants des moyens de transport. Cependant, les plateformes elles-mêmes peuvent proposer des options de filtrage supplémentaires afin que le voyageur puisse personnaliser sa recherche.

« La liberté de circulation est l'une des principales réalisations de l'Union, nous devons la simplifier », a défendu Tzitzikostas, qui a souligné que l'Union dispose de plus de 200 000 kilomètres de lignes ferroviaires, avec des infrastructures de qualité ; même si elle a admis qu'il reste encore à offrir dans ce cadre une « expérience de voyage fluide et agréable pour les passagers ».

Lors de sa comparution, le commissaire a admis la complexité de la réforme et les réserves du secteur, en particulier des grands opérateurs, mais il s'est dit convaincu que les mesures proposées seront mises en œuvre « avant la fin » de l'actuelle législature communautaire, et il a affirmé que cela serait même possible « dans un an et demi ou deux ans ». Une fois cet accord trouvé et le règlement adopté, les nouvelles règles qui obligent les plateformes à afficher toutes les offres seront obligatoires douze mois après leur entrée en vigueur.

POIDS DES GRANDS OPÉRATEURS

Les services communautaires avertissent que l'expérience, tant au niveau national qu'européen, montre que « les agents ayant une position forte sur le marché ont parfois le pouvoir d'imposer des conditions contractuelles injustes aux petits acteurs ».

Ainsi, par exemple, sur le marché de la vente de billets de train, les services de vente en ligne les plus importants appartiennent à de grands fournisseurs qui, compte tenu de leur projection, sont incités à « limiter la visibilité » de leurs concurrents directs, ce qui rend extrêmement difficile pour les nouveaux ou les petits opérateurs de trouver une bonne alternative pour vendre leurs propres billets.

Bruxelles voit également un obstacle au « billet unique » dans le fait que les opérateurs ferroviaires traditionnels et les plus importants disposent de leurs propres plateformes de vente sur Internet, car cela les incite peu à diffuser leurs offres via des plateformes indépendantes, ce qui entraîne des « difficultés inutiles » pour le voyageur lorsqu'il s'agit de trouver les meilleures options de voyage ou de combiner différentes compagnies pour parcourir les différentes sections d'un itinéraire long ou transfrontalier.

C'est pour cette raison que l'Exécutif Communautaire cherche à garantir que le passager puisse disposer d'un seul titre de transport lors de l'achat d'un voyage ferroviaire multi-opérateurs sur une seule plateforme, au moyen d'un paiement unique, et que cela permette de combiner les services exploités par différentes compagnies ferroviaires.

En outre, le nouveau cadre obligera les plateformes de billetterie en ligne et les compagnies ferroviaires à conclure des accords commerciaux sur la distribution des billets sur demande, au moyen d'accords « justes, raisonnables et non discriminatoires ».

Si les parties ne parviennent pas à un accord dans un délai de huit mois, le régulateur national peut fixer les conditions d'un tel accord dans les six mois suivant la réception d'une plainte, selon l'approche de la Commission.