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BRUXELLES, 23 juillet (EUROPA PRESS) –
La Commission européenne estime que la décision de maintenir gelé pendant douze mois le plafond actuel du prix du pétrole russe privera le Kremlin de quelque 3,5 milliards d'euros supplémentaires, l'un des principaux atouts économiques du vingt et unième paquet de sanctions adopté ce jeudi par l'UE pour accroître la pression sur Moscou en vue de l'invasion de l'Ukraine.
Des sources communautaires ont expliqué que l'objectif du maintien de la limite à 44,7 dollars le baril jusqu'en juillet 2027 est d'éviter que la Russie ne profite du rebond des prix internationaux du pétrole brut enregistré après la guerre au Moyen-Orient, ce qui aurait contraint le seuil à être automatiquement relevé autour de 58 dollars le baril.
« Notre premier objectif a toujours été d'éviter cette situation », ont déclaré les sources, qui soutiennent que le maintien de la limite de plus de 20 dollars en dessous du prix du marché préservera l'efficacité d'une mesure qui, selon leurs estimations, a déjà réduit les revenus pétroliers russes de 30 % entre 2022 et fin 2025 et de 20 % supplémentaires au cours du premier trimestre 2026.
Ainsi, Bruxelles calcule que, en prenant comme référence un prix moyen du baril de 60 dollars et le volume de pétrole russe qui continue d'être transporté par les opérateurs européens, le gel du plafond signifiera environ 3,5 milliards d'euros de moins pour la Russie au cours des douze prochains mois.
L'Exécutif communautaire a défendu que cette décision lui permettra de maintenir la pression sur l'une des principales sources de financement du Kremlin dans un contexte international qu'il qualifie de « très difficile », marqué par la volatilité des marchés de l'énergie et l'augmentation des revenus russes issus des exportations d'hydrocarbures.
Au-delà du plafond pétrolier, le nouveau paquet renforce les restrictions sur le secteur énergétique avec l'inclusion de 36 autres navires de la soi-disant « flotte fantôme » russe et de cinq autres navires qui collaborent avec ce réseau utilisé pour échapper aux sanctions occidentales.
De même, il intègre de nouvelles sanctions contre les ports et raffineries liés au commerce pétrolier russe et ouvre la porte à une interdiction définitive de la vente de méthaniers européens à la Russie après une première période de contrôle.
EXCEPTION POUR LE GNL À LA DEMANDE DE LA GRÈCE
Le paquet maintient également l'exemption limitée introduite lors des négociations pour permettre certains transferts de gaz naturel liquéfié (GNL) russe vers des pays tiers et les achats associés correspondant à des contrats signés avant le début de la guerre, une concession accordée pour débloquer le veto que la Grèce maintenait sur toutes les sanctions en raison de l'impact qu'aurait, selon elle, un veto total sur son industrie maritime.
Des sources communautaires ont expliqué que le Conseil a finalement accepté une partie de cette condition, estimant qu'une interdiction immédiate aurait fini par « nuire de manière significative » aux opérateurs européens, comme l'a défendu Athènes, puisqu'une bonne partie des méthaniers spécialisés utilisés dans ce commerce ont été acquis avec le financement d'investisseurs chinois et auraient fini entre les mains d'entreprises de ce pays, sans que la Russie ne cesse d'exporter du GNL.
« Nous savons que le risque d'un changement de propriétaire est réel car nous avons maintenu des contacts très étroits avec tous les opérateurs européens concernés par ces mesures », ont indiqué les mêmes sources, qui admettent que l'exception « n'est pas la solution souhaitée », mais soulignent qu'elle sera soumise à un contrôle constant et à des obligations d'information strictes pour les entreprises bénéficiaires.
Quoi qu'il en soit, Bruxelles maintient que l'abrogation est limitée aux volumes transportés au cours de l'année 2025, sera revue à l'unanimité d'ici un an et maintient le reste des restrictions sur le GNL russe, ce qui – soulignent les mêmes sources – obligera Moscou à recourir à des itinéraires plus longs et à des opérateurs alternatifs, réduisant ainsi la rentabilité de ces exportations.
PLUS DE CONTRÔLE SUR LES BANQUES ET LES CRYPTOMONNAIES
Sur le plan financier, l'UE étend les sanctions contre 33 banques russes en interdisant les transactions, en accordant une attention particulière aux entités régionales et aux banques qui avaient repris l'activité d'autres déjà sanctionnées pour fermer de nouvelles voies de contournement, tout en durcissant les mesures contre les entités financières de pays tiers qui facilitent ces pratiques et en élargissant les restrictions sur les plateformes de cryptomonnaie utilisées pour contourner les contrôles européens.
Les nouvelles mesures comprennent également des restrictions commerciales supplémentaires sur les matériaux utilisés par l'industrie militaire russe, ainsi que l'incorporation de 51 autres sociétés de Russie, de Chine, d'Inde, de Turquie, du Kazakhstan, du Kirghizistan et des Émirats arabes unis à la liste des entités accusées de faciliter l'évasion des sanctions européennes.