– EUROPA PRESSE
BRUXELLES, 7 juillet (EUROPA PRESS) –
La Cour des comptes européenne a averti mardi que les 43 milliards d'euros du fonds européen de relance destinés à améliorer l'efficacité énergétique des logements ne permettent pas de réaliser les plus grandes économies possibles, considérant que le financement communautaire a donné la priorité aux réformes plus rapides et plus faciles à exécuter aux réhabilitations de plus grande envergure et à effet à long terme.
L'organisme de contrôle soutient également que la Commission européenne et les États membres ne disposent pas non plus de mécanismes suffisants pour vérifier la rentabilité de ces investissements ou pour mesurer de manière fiable les économies d'énergie réellement obtenues, ce qui, selon elle, met en danger la réalisation des objectifs climatiques et énergétiques de l'UE.
Ainsi, il rappelle que près des trois quarts des bâtiments de l'Union continuent d'être inefficaces du point de vue énergétique et qu'environ un quart de la consommation européenne dans ce domaine correspond au parc résidentiel, c'est pourquoi il considère qu'il est essentiel de promouvoir des rénovations en profondeur pour réduire la consommation et les émissions.
Toutefois, les auditeurs concluent que, dans la pratique, la plupart des fonds du mécanisme pour la reprise et la résilience (RRM) ont été alloués à des actions de complexité moyenne ou faible, tandis que les réformes globales, capables de générer des économies de plus de 60 %, n'ont guère reçu de soutien spécifique.
Selon la Cour, les visites d'audit effectuées dans plusieurs États membres révèlent que des critères ne sont généralement pas utilisés pour sélectionner les projets présentant le plus grand potentiel d'économie d'énergie ou pour donner la priorité aux ménages ayant les plus grands besoins, de sorte que les ressources sont allouées dans le but de les mettre en œuvre rapidement et non en fonction de leur impact.
Les auditeurs avertissent également que cette approche peut entraver les améliorations futures, dans la mesure où les réhabilitations intermédiaires peuvent laisser les bâtiments à des niveaux d'efficacité inférieurs pendant des années et rendre plus coûteuses les actions ultérieures de décarbonation.
Le rapport remet également en question le système de suivi utilisé par la Commission et les États membres. Selon le texte, sur les 111 mesures de réhabilitation analysées, seules trois incorporaient des objectifs directement liés aux économies d'énergie, tandis que la majorité mesurait les progrès à travers des indicateurs tels que le nombre de logements réhabilités ou la surface rénovée.
Dans ce contexte, la Cour considère que les certificats d'efficacité énergétique, couramment utilisés pour estimer les économies, n'offrent pas de données suffisamment fiables ou comparables, car ils reflètent une consommation théorique qui peut différer de la consommation réelle et présentent également des erreurs susceptibles de surestimer ou de sous-évaluer les résultats obtenus.
Compte tenu de ces conclusions, il recommande à la Commission de mieux orienter les aides futures vers des rénovations en profondeur, de fixer des objectifs liés aux économies d'énergie, d'améliorer la méthodologie de mesure des résultats et d'évaluer la rentabilité des investissements en vue des prochains programmes budgétaires de l'UE.
LA COMMISSION DÉFEND LA CONCEPTION DU FONDS
En réponse au rapport, Bruxelles défend que le MRR n'a pas obligé les États membres à financer de profondes rénovations et affirme que beaucoup ont opté pour des actions visant un plus grand nombre de logements pour accélérer l'exécution des travaux, même si certains ont prévu des réformes plus ambitieuses.
L'Exécutif communautaire accepte également partiellement les recommandations de la Cour visant à renforcer le contrôle de ces investissements dans le prochain budget européen, tout en rejetant les critiques à l'égard des certificats d'efficacité énergétique et en affirmant qu'ils constituent un outil « solide » pour estimer les économies d'énergie, même s'il n'est pas possible de les mesurer avec une précision absolue.