Le Parlement européen soutient que le pays où il est répertorié assume la grève des travailleurs frontaliers : il y en a 15 000 entre la Galice et le Portugal


Archive – Session plénière du Parlement européen à Strasbourg (France)

– LAURIE DIEFFEMBACQ – Archives

BRUXELLES/SANTIAGO DE COMPOSTELA 7 juillet (EUROPA PRESS) –

La session plénière du Parlement européen a soutenu mardi la réforme des règles de coordination de la sécurité sociale dans l'UE, qui établit que le pays dans lequel un travailleur frontalier a cotisé pendant au moins 22 semaines sera responsable du paiement de ses allocations de chômage, exige la notification préalable de la majorité des mouvements temporaires de travailleurs entre États membres et renforce la coopération entre les administrations nationales pour prévenir la fraude.

Selon les données de Xunta de 2024, entre la Galice et le nord du Portugal, plus de 15 000 travailleurs frontaliers traversent quotidiennement la « Raia » pour aller travailler.

Avec 511 voix pour, 87 contre et 61 abstentions, les députés européens réunis à Strasbourg (France) ont ainsi donné leur feu vert à ces changements, qui doivent encore être formellement adoptés par les États membres avant leur entrée en vigueur, après des années de négociations.

En matière de chômage, le nouveau cadre clarifie la manière dont les périodes de travail, d'activité indépendante ou de cotisations accumulées dans les différents pays de l'UE doivent être calculées pour déterminer l'accès à l'allocation et étend de trois à six mois la période pendant laquelle une personne peut continuer à percevoir des allocations de chômage de l'État d'où elle vient tout en cherchant un emploi dans un autre pays de l'Union.

Cette dernière possibilité peut être étendue jusqu'à épuisement du droit reconnu, tandis que, dans le cas des travailleurs frontaliers, les nouvelles règles prévoient que la prestation soit versée par l'administration du pays dans lequel le travailleur a exercé son activité et non par le pays de résidence lorsqu'il n'y a pas cotisé.

Quant aux travailleurs détachés, la revue soutient que ceux qui sont envoyés temporairement dans un autre pays de l'UE pour une durée maximale de 24 mois restent affiliés au système de sécurité sociale de l'État d'origine, à condition qu'ils ne remplacent pas une autre personne précédemment envoyée et qu'ils soient assurés dans ce lieu depuis au moins trois mois avant le transfert.

PLUS DE CONTRÔLE POUR LUTTER CONTRE LA FRAUDE

La règle prévoit également que les autorités nationales doivent être informées avant que le travailleur ne commence son activité dans un autre État membre, même si elle exempte de cette procédure les déplacements professionnels et les déplacements d'une durée maximale de trois jours, sauf dans le secteur de la construction.

Le texte revoit également les critères permettant de déterminer où opère effectivement une entreprise lorsqu'elle exerce une activité dans plusieurs pays de l'Union, afin que soient pris en compte non seulement sa direction formelle, mais aussi où elle prend ses principales décisions, où elle génère des affaires ou où elle tient ses assemblées générales.

Avec cela, les changements visent à renforcer le contrôle des pratiques abusives telles que le recours aux soi-disant « sociétés boîtes aux lettres », sociétés enregistrées dans un pays dans lequel elles n'ont pratiquement aucune activité réelle pour bénéficier de coûts ou de contrôles réduits, tout en facilitant l'échange d'informations entre les administrations pour détecter les erreurs et les fraudes.

La réforme intègre également une définition commune des soins de longue durée et une liste de prestations couvertes par ces règles, afin d'offrir une plus grande sécurité juridique aux personnes qui ont besoin d'aide et à ceux qui s'en occupent.

Elle clarifie également la différence entre les prestations familiales destinées à compenser la perte de revenus lorsqu'un parent réduit ou abandonne temporairement son activité pour s'occuper d'un enfant et les autres prestations familiales, une distinction qui vise à éviter les désincitations économiques pour ceux qui réduisent leurs heures de travail pour des raisons parentales.

D'autre part, le texte précise, conformément à la jurisprudence de la Cour de justice de l'Union européenne (CJUE), que les citoyens européens qui ne travaillent pas ou ne recherchent pas d'emploi ne peuvent être exclus d'un système de couverture maladie lorsqu'ils remplissent les conditions pour y cotiser.