Bruxelles abaisse ses prévisions de croissance pour l'UE et la zone euro en raison de la crise énergétique


Fichier – Pièces en euros sur un drapeau européen.

– alliance photo / Uli Deck/dpa – Archive

BRUXELLES, le 21 mai. (EUROPA PRESS) –

Ce jeudi, la Commission européenne a aggravé ses prévisions économiques pour l'Union européenne et la zone euro en raison de l'impact du nouveau « choc énergétique » dérivé du conflit au Moyen-Orient, qui provoquera un ralentissement de la croissance et un rebond de l'inflation au cours des années 2026 et 2027.

Dans ses prévisions économiques du printemps, Bruxelles estime désormais que le PIB de la zone euro augmentera de 0,9% en 2026 et de 1,2% en 2027, contre respectivement 1,2% et 1,4% prévu l'automne dernier. Dans l’ensemble de l’UE, l’économie progressera de 1,1 % cette année et de 1,4 % l’année prochaine, soit trois dixièmes de moins que dans les estimations précédentes.

L'exécutif communautaire attribue cette détérioration du scénario économique à la hausse des prix de l'énergie après le déclenchement du conflit au Moyen-Orient et à l'impact que cela a sur la confiance des consommateurs et des entreprises, sur les investissements et sur le commerce extérieur.

« Le conflit au Moyen-Orient a déclenché un nouveau choc énergétique avec un grand impact sur l'économie européenne et mondiale », a prévenu le commissaire européen à l'Economie, Valdis Dombrovskis, qui a également prévenu que ce contexte « alimente l'inflation et ébranle la confiance économique ».

Dans ce contexte, Bruxelles prévient que l'économie européenne va poursuivre sa croissance, quoique « à un rythme plus lent », dans un environnement marqué par un « degré d'incertitude exceptionnellement élevé » sur l'évolution du conflit et des marchés de l'énergie.

La Commission souligne que l'UE, en tant qu'importateur net d'énergie, est « très vulnérable » au nouveau choc énergétique, tout en soulignant que la diversification des approvisionnements et les investissements réalisés depuis l'invasion russe de l'Ukraine ont laissé l'économie européenne « dans une meilleure position » pour absorber cette nouvelle crise.

« Même si l'impact devrait être plus contenu que lors de la crise énergétique précédente, l'inflation va augmenter de manière significative », a déclaré Dombrovskis, qui a souligné que les investissements réalisés par l'UE dans la résilience énergétique « portent leurs fruits ».

INFLATION RÉGULIÈRE

Les nouvelles prévisions de Bruxelles envisagent une forte hausse de l’inflation en 2026 en raison de la hausse des prix de l’énergie. Ainsi, cette année, ils atteindront 3% dans la zone euro et 3,1% dans l’ensemble de l’UE, bien au-dessus des 1,9% et 2,1% respectivement prévus à l’automne, même si par la suite les prix se modéreront à 2,3% dans la zone euro et 2,4% dans l’UE en 2027.

La Commission explique que cette hausse est déjà observée dans les données de mars et avril, notamment dans les prix de l'énergie, et prévoit que les pressions inflationnistes finiront par se transférer progressivement vers le reste des secteurs de l'économie.

LES PRÉVISIONS POUR L'ESPAGNE S'AMÉLIORENT À 2,4% MALGRÉ LA CRISE ÉNERGÉTIQUE

Parmi les principales économies du bloc, l'Allemagne sera l'une des plus touchées par la détérioration du contexte énergétique et commercial, avec une croissance limitée à 0,6% en 2026, soit la moitié de ce que Bruxelles projetait à l'automne dernier.

Au contraire, l’Espagne se positionnera à nouveau comme la grande économie avec le taux d’expansion le plus élevé, avec une avance de 2,4%, quatre fois supérieure à celle prévue pour Berlin, trois fois supérieure à la France et presque cinq fois supérieure à celle de l’Italie.

« Les risques pesant sur les prévisions sont clairement orientés à la baisse et la fenêtre de normalisation conformément au scénario central se rétrécit », a prévenu Dombrovskis.

SCÉNARIO DÉFAVORABLE POSSIBLE

La Commission européenne suggère également que, si les tensions géopolitiques et les perturbations de l'approvisionnement énergétique durent plus longtemps que prévu, le prix du baril de pétrole pourrait grimper jusqu'à 180 dollars et celui du gaz jusqu'à 80 euros par mégawattheure d'ici fin 2026, une situation qui aurait des « implications très graves » pour la croissance économique et l'inflation dans l'UE, selon l'homme politique letton.

L’exécutif communautaire prévient que, dans ce scénario, l’inflation continuerait d’augmenter et mettrait plus de temps à se modérer, tandis que la croissance économique européenne s’affaiblirait considérablement par rapport aux prévisions actuelles, tant pour 2026 que pour 2027.

En outre, Bruxelles prévient qu'une prolongation du conflit pourrait intensifier les tensions sur les chaînes d'approvisionnement mondiales et étendre l'impact à d'autres matières premières stratégiques, notamment les engrais et les produits pétroliers raffinés.

EMPLOI ET DÉFICIT

Malgré la détérioration du contexte économique, Bruxelles s'attend à ce que le marché du travail européen continue de faire preuve d'une certaine résilience, avec toutefois un ralentissement progressif des créations d'emplois. Ainsi, la croissance de l’emploi dans l’UE se modérera à 0,3 % en 2026 et à 0,4 % en 2027, tandis que le taux de chômage cessera de baisser et se stabilisera autour de 6 % dans l’ensemble de l’Union.

Parallèlement, la Commission européenne prévoit une détérioration progressive des finances publiques en raison du ralentissement de la croissance économique, de l'augmentation des dépenses d'intérêt, des mesures de soutien contre la hausse des prix de l'énergie et de l'augmentation des dépenses de défense.

Ainsi, le déficit public global de l’UE passera de 3,1 % du PIB enregistré en 2025 à 3,6 % en 2027, tandis que la dette publique communautaire continuera d’augmenter sur l’horizon de prévision.