Une étude révèle que 26 % des conversations des Européens sur l'UE en « X » portent sur des questions de sécurité et de défense.


La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, prononce un discours au Parlement européen. Strasbourg (France) le 26 novembre 2025.

– Philipp von Ditfurth/dpa

MADRID, 26 novembre (EUROPA PRESS) –

26 % des conversations que les Européens ont sur la plateforme « X » à propos de l'Union européenne portent sur des questions de sécurité et de défense. Ces questions revêtent un intérêt encore plus grand dans les pays baltes et orientaux, où la perception d’une menace extérieure est plus forte.

Le cabinet de conseil Llorente y Cuenca (LLYC) a présenté son rapport « VDL 2.1 : Voix unifiée, audience fragmentée, réception faible », une analyse des « big data » dans les vingt-sept pays de l'UE sur la conversation publique européenne, au moment où s'achève la première année du nouveau mandat de la Commission européenne.

Parmi les données analysées, les pourcentages relatifs aux conversations des citoyens européens en « X » sur l'agenda stratégique européen atteignent 26% du total, par rapport aux messages sur la démocratie et les valeurs (37%) et sur la justice sociale européenne (23%).

Cependant, la sécurité et la défense sont les questions les plus préoccupantes dans les pays baltes et orientaux de l'UE, en particulier dans des territoires comme la Lettonie (71 %), la Slovaquie (68 %), la République tchèque (64 %) ou l'Estonie (63 %), où le débat social est « pratiquement monopolisé par la menace russe, le renforcement de l'OTAN et la nécessité de renforcer l'autonomie stratégique européenne ».

Dans d'autres pays, prévient l'étude, la conversation citoyenne prédominante porte sur la démocratie et les valeurs, notamment en France (46 %) et en Espagne (44 %) ou sur la justice sociale européenne, dans une plus large mesure dans des territoires comme l'Irlande (43 %), le Portugal (29 %), la France (28 %) et l'Espagne (26 %).

« La conversation citoyenne européenne, reflétée dans des plateformes telles que 'X', dresse donc une carte différenciée des perceptions. Alors que dans certains pays le regard est tourné vers l'extérieur et les menaces sécuritaires, dans d'autres l'accent est mis sur les défis internes et la préservation des valeurs démocratiques », prévient le rapport.

LA COMPÉTITIVITÉ EST AU CENTRE DU DISCOURS DE LA COMMISSION EUROPÉENNE

Concernant les priorités discursives de la Commission européenne (CE) au cours de cette première année de son nouveau mandat, la compétitivité a concentré jusqu'à 47% des messages de l'institution présidée par Ursula von der Leyen, suivie de la question de la qualité de vie (20%) et de la sécurité et de la défense (16%).

L'analyse confirme que la Commission a réussi à articuler un « récit cohérent » autour de la question de la compétitivité, puisque « près de la moitié des discours des commissaires » se concentrent sur cette question et que la compétitivité et le rôle mondial de l'UE « représentent plus de 40 % de l'activité totale de communication de la Commission en « X » ».

Parmi les commissaires les plus actifs en matière de compétitivité figurent le Letton Valdis Dombrovskis (responsable de l'Economie et de la Productivité) et le Slovaque Maros Sefcovic (commissaire au Commerce et à la Sécurité économique). Il est également souligné que des concepts tels que « innovation », « investissement » ou « relations internationales » comptent parmi les termes les plus fréquents dans les interventions des commissaires.

L'étude montre également les thèmes prioritaires de l'écosystème médiatique européen, dans lesquels les questions de sécurité et de défense représentent jusqu'à 38 % de la couverture médiatique numérique de l'agenda stratégique, atteignant 56 % à 68 % en Lituanie, en Lettonie, en Croatie, en Slovaquie ou en République tchèque.

Par contre, la compétitivité est le deuxième sujet le plus pertinent, avec 21 % de couverture dans les médias numériques européens, suivi par la démocratie et les valeurs avec 13 % et le budget et la défense avec 11 %.

DES CENTAINES DE DISCOURS ET DE PUBLICATIONS ÉTUDIÉES

Pour réaliser ce rapport, l'équipe du LLYC a étudié 851 discours que tous les commissaires ont prononcés depuis le début de leur mandat en décembre dernier ; 1 500 publications du compte officiel « X » de la Commission européenne liées à ses priorités stratégiques ; plus de 2,5 millions de mentions à leur sujet dans les médias numériques ; et plus de 18 millions de mentions en X dans tous les États membres.

« Nous avons voulu combiner nos capacités d'analyse de données et toute notre « expertise » en matière de communication et d'affaires européennes pour répondre à plusieurs questions simples mais très pertinentes : la Commission communique-t-elle son agenda stratégique ? Génère-t-elle une connexion ou une déconnexion avec les citoyens à un moment géopolitique aussi critique que celui actuel ?

Le rapport montre que le débat actuel sur les priorités stratégiques de l'Union « reflète à la fois le potentiel et les limites de la sphère publique européenne », un espace « diversifié, pluriel et dynamique » qui est « encore loin d'être configuré comme un véritable débat commun sur le projet européen et son avenir ».

En outre, il est souligné que « la fragmentation » du débat européen « fixe des limites aux efforts notables de la Commission pour placer la compétitivité comme axe de son discours, dans un environnement médiatique qui donne la priorité à l’urgence plutôt qu’au structurel ».

Face à ce défi, le rapport conclut que « renforcer le récit institutionnel » fondé sur les valeurs fondatrices de l'Union européenne – dignité humaine, liberté, démocratie, égalité, État de droit et droits de l'homme – « pourrait améliorer la réceptivité des citoyens à l'égard de la stratégie de la Commission ».