– EDUARDO PARRA / EUROPA PRESS – Archives
BRUXELLES, 26 novembre (EUROPA PRESS) –
Ce mercredi, les Vingt-Sept ont réussi à asseoir leur position sur une nouvelle loi qui oblige les sociétés Internet à renforcer la surveillance de leurs services et à bloquer les contenus pédophiles ou incitant à l'abus de mineurs ; avec un mandat qui intervient après près de trois ans de divergences et qui permettra enfin de commencer les négociations avec le Parlement européen, qui s'est mis d'accord sur ses lignes rouges déjà en 2023.
L'objectif est, entre autres, que les autorités nationales compétentes puissent contraindre les entreprises à supprimer et bloquer l'accès à des contenus ou, dans le cas des moteurs de recherche, à supprimer les résultats de cette recherche.
Le nouveau cadre réglementaire créera également une nouvelle agence de l'UE, le Centre européen de lutte contre les abus sexuels sur enfants, pour aider les États membres et les fournisseurs de services en ligne à se conformer à la nouvelle règle.
L'une des clés de la nouvelle règle – pour laquelle il n'y a pas encore de date officielle pour le début des négociations – est que les fournisseurs de services en ligne doivent évaluer le risque que leurs services soient utilisés à mauvais escient pour la diffusion de matériel pédopornographique ou pour l'incitation à l'égard de mineurs.
En fonction du risque – faible, moyen ou élevé – ils doivent mettre en œuvre des mesures d'atténuation spécifiques pour contrecarrer les dangers identifiés, par exemple en proposant aux utilisateurs des outils pour signaler les contenus pédophiles ou en activant les paramètres de confidentialité par défaut pour les mineurs.
En outre, les autorités peuvent obliger les prestataires de services classés à haut risque à contribuer au développement de technologies visant à atténuer les risques liés à leurs services.
Concernant le rôle des victimes, les 27 plaident également, comme indiqué dans la proposition initiale de la Commission européenne, pour garantir qu'elles bénéficieront de l'assistance des entreprises lorsqu'elles demanderont l'élimination ou la désactivation de l'accès au matériel abusif qui les concerne. La nouvelle agence européenne contre la maltraitance des enfants devra également veiller à ce que les entreprises désactivent les contenus illégaux signalés par les victimes.
La proposition originale de Bruxelles remonte à mai 2022 et propose, entre autres mesures, que les services de communication en ligne appliquent la même technologie avec laquelle ils parviennent à bloquer les envois de « spam » ou de virus pour détecter et signaler la diffusion parmi leurs utilisateurs de fichiers qui montrent des abus sur mineurs.
Face aux critiques sur le risque pour la vie privée, l'Exécutif communautaire a alors défendu que ces technologies n'affectent pas le cryptage des contenus diffusés sur le réseau mais se limiteraient à la recherche et à la lutte contre les contenus illégaux, comme quelqu'un qui cherche « une aiguille dans une botte de foin à l'aide d'un aimant », qui n'attire que le contenu recherché.