L'Union des syndicats critique le fait que la CE continue seule à appliquer l'accord UE-Mercosur


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– Carlos Luján – Europa Press – Archives

MADRID, 30 avril (EUROPA PRESS) –

L'Union des Syndicats d'Agriculteurs et d'Éleveurs a critiqué la Commission européenne (CE) pour sa précipitation dans l'entrée en vigueur de la partie commerciale de l'accord UE-Mercosur malgré le rejet de l'ensemble du secteur agricole, l'opposition politique du Parlement européen, les doutes juridiques sur sa compatibilité et les critiques suscitées par son mécanisme de gestion.

Concrètement, l'organisation agricole a regretté la décision d'appliquer provisoirement l'accord commercial entre l'Union européenne et le Mercosur à compter du 1er mai, estimant qu'il est adopté « sans avoir résolu les principales préoccupations » du secteur agricole et « sans garanties suffisantes » pour les producteurs européens.

Il a ainsi mis une fois de plus en garde contre les risques que cet accord fait peser sur les productions sensibles comme la viande bovine ou la volaille, ainsi que sur l'impact qu'il peut avoir sur les prix, la rentabilité des exploitations agricoles, l'emploi dans le secteur et le changement de génération dans les campagnes.

En ce sens, il a souligné que l'entrée en vigueur provisoire intervient dans un contexte de contestation politique croissante au sein même de l'Union européenne. Ainsi, certains États membres, comme la Pologne, ont annoncé leur intention de faire appel de l'accord devant la Cour de justice de l'Union européenne, remettant en question sa compatibilité et ses effets sur la sécurité alimentaire, alors que le Parlement européen lui-même avait déjà promu une initiative similaire fin janvier dernier.

A ces doutes s'ajoutent les récentes critiques exprimées par plusieurs députés européens sur le système de gestion des contingents tarifaires prévu dans l'accord et qui n'a pas été approuvé à l'unanimité avec l'opposition de la Pologne, de la France et de la Hongrie le 20 avril.

De cette manière, l'organisation a tenu la Commission européenne et les gouvernements des États membres, dont l'Espagne, qui ont soutenu cet accord et son application provisoire, pour responsables des dommages causés aux producteurs nationaux.