– MINISTERE ETHIOPIEN DES ETRANGERS
MADRID, le 1er mai. (EUROPA PRESS) –
L'Union européenne (UE) a exprimé jeudi sa « grande préoccupation » face à la situation dans la région éthiopienne du Tigré et a lancé un « appel à une désescalade immédiate » et à sauvegarder l'accord de paix conclu en 2022, un mois seulement avant la tenue des élections nationales et dix jours après que Bruxelles a repris son soutien budgétaire direct au gouvernement éthiopien.
C'est ce qu'a indiqué le Service européen pour l'action extérieure dans un communiqué dans lequel il déclare que « l'Union européenne suit avec une grande inquiétude l'évolution de la situation dans l'État régional du Tigré ». « Nous appelons à une désescalade immédiate et à éviter toute action mettant en péril l'Accord de cessation définitive des hostilités, signé à Pretoria en novembre 2022 », ajoute-t-il.
De même, Bruxelles a affirmé qu' »il est impératif d'éviter un autre conflit dévastateur et de résoudre les différends entre les parties par le dialogue politique ».
Le message de l'Union européenne est arrivé dix jours après que le commissaire chargé des partenariats internationaux, Jozef Sikela, a annoncé la reprise du soutien budgétaire direct de l'UE au gouvernement éthiopien, initialement suspendu en 2020, en pleine guerre dans le nord du pays « marquée par un nettoyage ethnique, des déplacements forcés, des massacres à grande échelle et des violences sexuelles généralisées », comme l'a rappelé la semaine dernière le directeur européen de l'ONG Human Rights Watch. (HRW), Philippe Dam.
Mais le responsable de HRW à Bruxelles a ensuite souligné que la reprise de l'aide budgétaire – « l'ultime étape vers la normalisation des relations » – intervient « à un moment où la grave situation des droits de l'homme en Ethiopie se détériore à l'approche des élections nationales du 1er juin », un argument renforcé par la « grande inquiétude » désormais exprimée par le Service européen pour l'action extérieure.
En effet, Philippe Dam a noté que « les tensions croissantes entre le principal parti politique du Tigré, le Front populaire de libération du Tigré (TPLF), et le gouvernement fédéral suscitent de sérieuses inquiétudes quant à la possibilité d'une reprise des atrocités ».
« Le contexte de plus en plus critique en matière de droits de l'homme en Éthiopie suggère que la Commission européenne a probablement négligé de savoir si ses propres normes en matière de droits de l'homme étaient respectées avant de reprendre l'aide budgétaire directe », a dénoncé le chef de Human Rights Watch, qui a proposé que, « si l'objectif de la Commission (européenne) est de promouvoir les avantages économiques et sociaux pour les Éthiopiens, elle devrait donner la priorité à d'autres bénéficiaires et à d'autres formes d'aide, et au moins réaffirmer l'engagement de l'UE en faveur de la responsabilité et de la protection de la population civile ».