-FRÉDÉRIC SIERAKOWSKI
BRUXELLES, 24 juillet (EUROPA PRESS) –
L'Union européenne a approuvé vendredi de nouvelles sanctions contre six personnes pour leur « responsabilité de graves violations des droits de l'homme » en Iran, dont cinq juges de tribunaux révolutionnaires et un membre éminent d'un groupe de cybercriminalité lié au régime, que le bloc attribue à avoir facilité la persécution d'opposants politiques, de militants et de minorités religieuses.
La nouvelle batterie de mesures adoptées par les Vingt-Sept répond à l'intensification de la répression interne en Iran et porte la liste sanctionnée à 269 personnes et 53 entités. Les mesures prévoient le gel des avoirs, l'interdiction de voyager sur le territoire communautaire et le veto sur la mise à disposition de fonds ou de ressources économiques aux personnes concernées.
« Alors que l'attention du monde est concentrée sur la guerre au Moyen-Orient, nous ne pouvons pas perdre de vue la répression iranienne contre son propre peuple », a affirmé la haute représentante de l'UE pour la politique étrangère, Kaja Kallas, dans un message sur ses réseaux sociaux.
Plus précisément, les Vingt-Sept ont inscrit sur la liste des sanctions cinq juges de tribunaux révolutionnaires régionaux pour avoir présidé des procédures judiciaires contre des dissidents politiques et des minorités religieuses, dont le prix Nobel de la paix Narges Mohammadi, sur la base d'accusations imprécises de sécurité nationale et de religion.
Selon le Conseil de l'UE, qui rassemble les États membres, ces magistrats ont prononcé des peines de mort, de longues peines de prison, des châtiments corporels, des amendes et d'autres sanctions supplémentaires contre des militants et des opposants, notamment des participants au mouvement de protestation « Femmes, vie, liberté » déclenché après la mort en détention de Mahsa Amini en 2022.
Par ailleurs, l'UE a sanctionné Nima Salehi, ingénieur informaticien et fondateur du cybergroupe Ashiyane, estimant que cette organisation coopère étroitement avec la cyberpolice iranienne (FATA) et le Corps des Gardiens de la révolution islamique (CGRI) dans des cyberattaques dirigées contre des opposants et des institutions étrangères.
De même, le bloc maintient une interdiction d’exporter vers l’Iran des équipements susceptibles d’être utilisés à des fins de répression interne, notamment des systèmes de surveillance des télécommunications.
Avec cette décision, l’UE prolonge le régime de sanctions pour violations des droits de l’homme en Iran, instauré en 2011 et prolongé pour la dernière fois jusqu’en avril 2027, après avoir successivement renforcé ces mesures depuis 2022 face à la répression accrue des autorités iraniennes.
Dans ses conclusions de juin, le Conseil européen a en outre exhorté le régime iranien à mettre fin à la violence contre sa propre population, a exigé le respect des droits de l'homme et des libertés fondamentales et a annoncé que l'UE continuerait à travailler sur de nouvelles mesures restrictives à l'encontre des responsables.