L'UE propose des modifications techniques à son marché du carbone pour gagner une marge face à d'éventuelles augmentations de prix


Dossier – Les drapeaux de l'Union européenne flottent devant le bâtiment du Berlaymont à Bruxelles, siège de la Commission européenne.

– Alicia Windzio/dpa – Archives

BRUXELLES, 1er avril (EUROPA PRESS) –

La Commission européenne a proposé ce mercredi de modifier l'une des règles techniques du système européen d'échange de quotas d'émission (ETS) pour conserver davantage de droits de CO2 en réserve et renforcer sa capacité à agir dans un scénario de plus grande tension sur les prix et d'éventuelles pénuries au cours de la prochaine décennie.

Concrètement, l'Exécutif communautaire propose de cesser d'annuler automatiquement les droits accumulés dans la réserve dite de stabilité du marché lorsqu'ils dépassent 400 millions, afin qu'ils restent disponibles au lieu de disparaître du système.

Jusqu’à présent, ces permis étaient définitivement supprimés dans le cadre du mécanisme visant à réduire l’offre excédentaire. Avec ce changement, ils seront maintenus comme un coussin qui permettrait d'agir en cas de pénurie ou de volatilité.

La Commission justifie l'initiative par l'évolution du système qui, après des années d'excédent, se dirige vers une phase de plus grande pénurie au cours de la prochaine décennie, ce qui, selon Bruxelles, pourrait se traduire par une plus forte pression sur les prix si des outils supplémentaires ne sont pas disponibles.

L'Exécutif communautaire prévient que le maintien de ces droits en réserve permettra ainsi de disposer d'une « marge de manœuvre » supplémentaire pour stabiliser le marché en période de tension, sans altérer la conception générale du système ni intervenir directement dans la formation des prix, qui continuent de dépendre de l'offre et de la demande.

La proposition, qui doit maintenant être négociée par le Parlement européen et le Conseil, intervient après avoir vérifié que le mécanisme actuel a contribué à réduire l'excédent accumulé sur le marché, contribuant, comme l'explique la Commission, à rétablir l'équilibre du système.

RISQUE DE VOLATILITÉ ET REVUE DU MÉCANISME EN JUILLET

Bruxelles inscrit cette initiative dans un contexte d'incertitude énergétique accrue découlant de la guerre au Moyen-Orient, qui tend les marchés et augmente le risque de brusques fluctuations des prix du carbone.

En ce sens, l'Exécutif communautaire défend que le renforcement de la réserve amortira les futurs épisodes de volatilité et offrira une plus grande certitude à l'industrie, à un moment clé pour promouvoir les investissements dans la décarbonisation.

Cette modification fait partie d'un ensemble plus large d'ajustements du SEQE que la Commission présentera en juillet, lorsqu'elle abordera la révision du système au-delà de 2030 pour l'adapter au nouvel objectif climatique de réduction des émissions de 90 % en 2040.

Selon la Commission, l'ETS, en vigueur depuis 2005, a été l'un des principaux instruments de l'UE pour réduire les émissions, avec une baisse de près de 50 % dans les secteurs couverts, notamment dans la production d'électricité, bien qu'avec des progrès plus limités dans l'industrie.