L'UE, les États-Unis et plusieurs pays européens exhortent le Rwanda et le M23 à « cesser immédiatement » leur offensive en RDC


Des déplacés de la RDC dans la ville rwandaise de Bugarama

– Europa Press/Contact/Zanem Nety Zaidi

MADRID, 9 décembre (EUROPA PRESS) –

L'Union européenne, les États-Unis et plusieurs pays européens ont exhorté mardi le gouvernement du Rwanda et le Mouvement du 23 mars (M23), soutenu par Kigali, à « cesser immédiatement » leur offensive dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC), près du Burundi, quelques jours seulement après que les présidents congolais et rwandais, Félix Tshisekedi et Paul Kagame, ont signé à Washington un accord pour mettre fin au conflit.

Aux côtés de l'Union européenne, les gouvernements des États-Unis, de Belgique, du Danemark, de France, d'Allemagne, des Pays-Bas, de Suède, de Suisse et du Royaume-Uni ont exprimé leur « profonde préoccupation face à la recrudescence des violences dans l'est de la RDC et à la nouvelle offensive du M23 » dans la zone d'Uvira, dans la région du Sud-Kivu, « qui a un potentiel déstabilisateur pour l'ensemble de la région ».

En ce sens, ils ont exprimé leur « inquiétude particulière face à l'augmentation de l'utilisation de drones d'attaque et suicide dans le conflit », soulignant que « cela représente une escalade significative des combats et pose un risque sérieux pour la population civile », selon un communiqué commun.

S'ils ont notamment appelé les troupes rwandaises à se retirer du territoire congolais et le groupe armé à regagner leurs positions et à remplir leurs engagements, ils ont exhorté « toutes les parties à remplir leurs obligations de protection de la population civile, à adhérer à la résolution 2773 du Conseil de sécurité de l'ONU, à remplir leurs engagements au titre des « Accords de Washington » et à une désescalade immédiate ».

À leur tour, ils ont demandé aux parties « d'éviter les discours et les actions qui provoquent une escalade des tensions ou constituent une menace grave pour la population civile et qui pourraient irrémédiablement compromettre les progrès importants réalisés », tout en exhortant également « tous les acteurs impliqués à renouveler de toute urgence et sans équivoque leur engagement en faveur du cessez-le-feu et à garantir un accès humanitaire complet, sûr et sans entrave ».

Tshisekedi et Kagame ont signé, avec le président américain Donald Trump, un pacte de « paix » conclu il y a six mois qui vise à mettre fin à « des décennies de violence et d'effusion de sang ». Selon le locataire de la Maison Blanche, l'accord « officialise les termes convenus en juin, notamment un cessez-le-feu permanent, le désarmement des forces non étatiques, des garanties pour les réfugiés de rentrer chez eux, ainsi que la justice et la responsabilité pour tous ceux qui ont commis des atrocités illégales ».

Les pourparlers ont débuté cette année face à l'escalade du conflit suite à une offensive du M23, composé majoritairement de Tutsis congolais, qui a réussi à prendre les capitales des provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, provoquant des accusations colériques de la RDC contre le Rwanda, qui dénonce pour sa part que Kinshasa réprime les Tutsis avec le soutien de groupes armés comme les Forces démocratiques pour la libération du Rwanda (FDLR) – fondées par des Hutus qui ont fui. après le génocide au Rwanda en 1994– et d'autres milices locales.