L’UE conditionnera les préférences commerciales accordées aux pays en développement à la réadmission des migrants à partir de 2027


Dossier – Une rizière.

– GÉNÉRALITÉS – Archive

BRUXELLES, le 22 mai. (EUROPA PRESS) –

Les ministres du Commerce de l'Union européenne ont franchi ce vendredi la dernière étape formelle vers l'adoption d'une réforme conditionnant les préférences commerciales qui permettent aux pays en développement d'exporter vers l'Union européenne avec des droits de douane très faibles ou nuls sur ces pays coopérant en matière de contrôle de l'immigration et de réadmission des expulsés à compter du 1er janvier 2027.

Le Conseil (gouvernement) et le Parlement européen ont conclu cet accord en décembre de l'année dernière et, avec l'adoption par les Vingt-Sept, la procédure garantissant son entrée en vigueur dans les délais est désormais terminée.

En 2023, une première tentative d'accord avait échoué en raison du refus alors des députés européens de lier migration et commerce avec les pays en développement, mais le nouveau Parlement a accepté à cette occasion après avoir inclus des « critères plus stricts » pour activer la « conditionnalité de réadmission » proposée par la Commission européenne pour cette réforme.

Ainsi, la révision du Système de Préférences Généralisées (SPG) permettra de retirer ces avantages tarifaires à un certain pays « s'il ne coopère pas avec l'Union européenne pour la réadmission de ses ressortissants ».

Ce sera la Commission européenne qui sera chargée de « superviser » le respect des obligations de réadmission et qui aura le pouvoir d'agir, même si elle devra informer de manière transparente le Parlement et le Conseil des décisions prises.

Parmi les critères les plus stricts pour activer la conditionnalité figurent, par exemple, le fait qu'une procédure d'évaluation contraignante doit être engagée avec le pays tiers « d'une durée d'au moins douze mois » avant de prendre toute mesure.

En outre, une période de transition de deux ans est prévue à compter de l'entrée en vigueur de la réforme du SPG avant que la « conditionnalité de réadmission » ne soit applicable aux pays les moins avancés.

La révision du cadre commercial avec les pays en développement renforcera également les exigences en matière de droits de l'homme et d'environnement, en plus de permettre une meilleure supervision et une meilleure transparence du programme, comme l'ont souligné les colégislateurs après l'accord de décembre.

Pour ce faire, par exemple, la liste des conventions internationales sur les droits de l'homme, l'environnement et les conditions de travail qui doivent être respectées par les participants au programme est allongée et une procédure d'urgence est créée pour le retrait rapide des préférences en cas de violation des principes de ces conventions.

UNE NOUVELLE SAUVEGARDE POUR PROTÉGER LE RIZ DE L’UE

Le nouveau cadre de préférences commerciales – qui nécessite encore l'approbation formelle des Vingt-Sept et de la session plénière du Parlement européen pour être adopté – comprend d'autres modifications comme une sauvegarde spécifique pour les importations de riz vers l'Union européenne.

Il s'agit d'un mécanisme spécifique à ce secteur considéré comme « sensible » pour les producteurs européens, qui sera activé automatiquement en cas de dépassement du seuil d'importation fixé pour un certain pays tiers exportateur.

De cette manière, des contingents tarifaires sont établis pour le riz et, en cas d'augmentation « significative » des importations de cet aliment au-dessus de la moyenne historique de l'UE, un tarif de la nation la plus favorisée sera appliqué pendant une certaine période afin d'atténuer le risque de « graves perturbations sur le marché européen du riz ».

L'accord précise que ce type de mécanisme automatique ne devrait pas être appliqué à d'autres produits agricoles que le riz.

Dans un communiqué joint à l'adoption de l'accord par la Grèce, l'Espagne et l'Italie, qui représentent ensemble environ 85% de la production de riz de l'UE, ont critiqué le mécanisme dans sa forme définitive, le jugeant insuffisant pour garantir la protection de cette culture.

« Nous avons fait preuve de flexibilité dans la recherche d'un compromis, mais la combinaison d'une révision annuelle des seuils et d'une augmentation de 45% rendrait, à notre avis, l'activation de cette sauvegarde pratiquement impossible », indiquent-ils dans leur lettre, expliquant qu'ils ne sont pas en mesure de soutenir l'accord puisque les paramètres convenus pour activer la sauvegarde « ne sont pas définis de manière à garantir son efficacité, ni son activation en temps opportun lorsque cela est nécessaire pour sauvegarder la viabilité du secteur rizicole européen ».

GARANTIES POUR LE TEXTILE ET L'ÉTHANOL

En outre, l'accord délimite également des mesures de sauvegarde spécifiques sur les importations de textiles et d'éthanol pour les pays SPG et SPG+, mais elles ne s'appliqueront pas aux pays classés dans la catégorie « Tout sauf les armes » (EBA), qui comprend les pays les moins avancés.

En fait, les sauvegardes prévues pour les groupes SPG et SPG+ ne s'appliqueraient que si la valeur de ces importations en provenance du pays concerné dépassait 6 % de la valeur totale des importations de l'UE du produit concerné et 47 % des importations de tous les bénéficiaires du SPG.

La revue préconise également d'établir des « délais clairs » pour l'évaluation que l'Exécutif communautaire doit effectuer à travers un mécanisme de surveillance spécial en cas d'augmentation « soudaine » des importations. Le mécanisme spécial de surveillance a également été renforcé afin que l'UE puisse intervenir lorsque les importations de produits agricoles génèrent des perturbations sur le marché communautaire.