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BRUXELLES, 27 mars (EUROPA PRESS) –
L'Union européenne a exhorté vendredi toutes les parties impliquées dans les violences survenues en juillet 2025 dans la province syrienne de Sueida à mettre en œuvre « rapidement et de manière transparente » les recommandations du rapport de la Commission d'enquête internationale indépendante de l'ONU, tout en exigeant que tous les responsables de violations des droits de l'homme soient tenus pour responsables.
Dans un communiqué, le Service européen pour l'action extérieure (SEAE) a souligné que le rapport de la commission constitue une « contribution importante » à la promotion de la justice et à l'avancement des responsabilités en Syrie, après que l'enquête a documenté de graves violations du droit international humanitaire et des droits de l'homme pendant les combats.
« Tous les auteurs doivent être tenus responsables et les victimes doivent obtenir justice. Les garanties que les violations ne se reproduiront pas et les mesures visant à promouvoir le dialogue et la confiance sont fondamentales pour la réconciliation nationale et le succès de la transition », peut-on lire dans la lettre publiée par le SEAE.
De même, le département dirigé par la haute représentante de l'UE pour la politique étrangère, Kaja Kallas, a salué l'accès accordé à la commission d'enquête par les autorités de transition syriennes, ce qui lui permet de mener des enquêtes à l'intérieur du pays, pour lesquelles il a reconnu le travail de la Commission nationale d'enquête syrienne.
L'UE est restée déterminée à soutenir « une transition pacifique et inclusive en Syrie », qui respecte les droits de l'homme « de tous les Syriens sans aucune discrimination d'aucune sorte », et a une nouvelle fois exhorté tous les acteurs extérieurs, « sans exception », à « respecter pleinement l'unité, l'indépendance, la souveraineté et l'intégrité territoriale de la Syrie ».
L’ONU DÉNONCE LA NON-RESPONSABILITÉ
La déclaration du SEAE intervient après qu'une nouvelle enquête publiée ce vendredi par les Nations Unies a conclu que le gouvernement syrien n'a lancé aucune sorte d'initiative pour résoudre la situation dans la province de Sueida ni réalisé de « progrès tangibles » dans l'épuration des responsabilités dans la vague de violence sectaire qui a secoué la région au cours de l'été de l'année dernière et dans laquelle toutes les parties impliquées, y compris l'armée syrienne, ont commis de très graves violations des droits de l'homme.
La Commission d'enquête des Nations Unies sur la Syrie retrace vendredi dans son rapport les « trois vagues de violence » qui ont secoué Sueida entre le 14 et le 19 juillet et qui ont commencé avec l'opération entreprise par « les forces gouvernementales, comprenant à la fois les Forces de sécurité intérieure et l'Armée arabe syrienne », responsables de « meurtres, attaques directes et aveugles contre des civils, arrestations arbitraires et enlèvements, tortures et mauvais traitements, pillages, attaques contre des biens civils, violences sexuelles et de genre ».
L'ONU a lancé les mêmes accusations contre les Druzes et les Bédouins lors des deux vagues suivantes, mais a souligné que la première épidémie était la plus meurtrière de toutes et que la troisième, celle menée par les combattants tribaux contre les civils druzes, était « la plus destructrice » : près de 35 villes druzes ont été incendiées et leurs commerces pillés.