L'Espagne, favorable à l'élargissement des sanctions contre l'Iran et à l'inscription des Gardiens de la révolution sur la liste des groupes terroristes


Manifestation contre la répression en Iran, le 17 janvier 2026, à Madrid (Espagne)

– Matias Chiofalo – Europa Press

MADRID/BRUXELLES, 28 janvier (EUROPA PRESS) –

Le gouvernement est favorable à l'adoption de nouvelles sanctions contre l'Iran après la violente répression des manifestations contre le régime des ayatollahs ces dernières semaines, y compris l'inscription des Gardiens de la révolution sur la liste des organisations terroristes, en prévision de la réunion que tiendront jeudi les ministres des Affaires étrangères de l'UE au cours de laquelle cette question sera abordée.

Cela a été rapporté à Europa Press par des sources du ministère des Affaires étrangères, qui ont souligné que « l'Espagne est favorable aux sanctions contre l'Iran, y compris celles liées aux Gardiens de la révolution » et en ce sens, elle rejoint le consensus qui semble ouvrir la voie à l'inclusion de cet organe de l'appareil répressif iranien sur la liste des organisations terroristes.

Ce jeudi, les ministres des Affaires étrangères des Vingt-Sept se réuniront à Bruxelles, une réunion précédée des différents débats au niveau des ambassadeurs qui ont eu lieu à Bruxelles le mois dernier, et où l'on s'attend à ce qu'ils approuvent à l'unanimité la proposition de la Commission visant à rendre difficile l'accès de Téhéran aux composants pour la production de drones et de missiles.

Même s'il reste à voir s'ils accepteront également de désigner formellement les Gardiens de la Révolution comme organisation terroriste, une mesure réclamée par le Parlement européen et qui serait conforme à ce qu'a exprimé jusqu'à présent la présidente de l'Exécutif communautaire, Ursula von der Leyen, qui a défendu la nécessité d'appliquer des « sanctions plus sévères » contre l'Iran.

Justement, le ministre italien des Affaires étrangères, Antonio Tajani, a annoncé lundi qu'il proposerait cette question, ce qui a amené mardi l'ambassadeur d'Italie à Téhéran à être convoqué au ministère iranien des Affaires étrangères en signe de protestation.

De son côté, le Parlement européen a approuvé la semaine dernière une résolution dans laquelle, en plus de condamner « la répression et les massacres » de manifestants, il appelle également l'UE et ses États membres à procéder « sans délai » et « sans exceptions » à la classification des Gardiens de la révolution, y compris la milice Basij et la Force Qods, « comme organisation terroriste ».

Lors du débat, la haute représentante de l'UE pour les affaires étrangères, Kaja Kallas, a proposé « de nouvelles restrictions sur l'exportation de composants que l'Iran peut utiliser pour la production de drones et de missiles ». « Cela limitera encore davantage la capacité de l'Iran à alimenter l'agression continue de la Russie contre l'Ukraine », a-t-il déclaré.

Kallas a rappelé que l'UE avait déjà imposé des sanctions à l'Iran contre les responsables de violations des droits de l'homme, d'activités de prolifération nucléaire et du soutien de l'Iran à la guerre russe en Ukraine et a assuré que la Commission travaillait à « examiner activement quelles autres mesures pourraient être adoptées » à la lumière de la récente répression.