L'Espagne et six autres pays de l'UE rejettent l'assouplissement des normes d'émission pour les voitures


Recharger une voiture électrique

– UNIVERSITÉ DE MALAGA

BRUXELLES, le 8 juin (EUROPA PRESS) –

L'Espagne et six autres États membres ont appelé au maintien des exigences actuelles de réduction des émissions des voitures et des camionnettes dans l'Union européenne et ont mis en garde contre de nouvelles flexibilités qui pourraient ralentir la transition vers les véhicules électriques et affaiblir les investissements réalisés par l'industrie automobile européenne.

Dans un document commun, le Danemark, la France, le Luxembourg, les Pays-Bas, le Portugal, l'Espagne et la Suède soutiennent que toute marge supplémentaire permettant aux fabricants d'atteindre les objectifs en matière de CO2 doit rester « strictement limitée », être conditionnée à des efforts industriels et environnementaux concrets visant à « accélérer la décarbonation de la mobilité » au sein de l'UE, et ne pas mettre en péril le signal d'investissement vers l'électrification.

Les sept pays défendent que l’électrification des transports est devenue un enjeu qui dépasse la politique climatique et la lie directement à la sécurité énergétique européenne, dans un contexte marqué par la volatilité des prix des énergies fossiles et l’instabilité géopolitique.

« Porter atteinte à l'intégrité et à la prévisibilité de ce cadre réglementaire serait une erreur stratégique à une époque où les investissements réalisés dans le passé donnent des résultats significatifs et où de nouveaux progrès sont nécessaires », soulignent les signataires.

Le document appelle également au renforcement des conditions nécessaires pour accélérer l'adoption des véhicules électriques, notamment le déploiement d'infrastructures de recharge, des incitations à la demande et des mesures visant à faciliter l'accès des foyers et des entreprises aux véhicules électriques via le marché de l'occasion.

De même, les sept gouvernements défendent le soutien aux investissements visant à développer une chaîne industrielle européenne de véhicules électriques et aux initiatives de valorisation visant à renforcer la résilience de l'industrie automobile et des secteurs connexes tels que l'acier vert.

Les signataires rejettent également les modifications réglementaires qui, selon eux, ne sont pas étayées par des critères scientifiques. En ce sens, ils rappellent que la Commission européenne elle-même a conclu, sur la base des données obtenues auprès d'un million de véhicules en circulation, que les hybrides rechargeables émettent 3,5 fois plus de CO2 en conditions réelles que les chiffres reflétés dans les tests d'homologation.

Ils expriment également leurs réserves quant à l'expansion du rôle des carburants renouvelables et neutres en carbone dans la réglementation des émissions des voitures particulières, estimant que cela pourrait affaiblir l'engagement en faveur de l'électrification, générer de nouvelles dépendances aux matières premières importées et détourner les ressources des secteurs où ces technologies sont considérées comme les plus nécessaires, comme l'aviation ou le transport maritime.

« En conclusion, le Danemark, la France, le Luxembourg, les Pays-Bas, le Portugal, l'Espagne et la Suède appellent à maintenir une voie claire et ambitieuse vers l'électrification dans le cadre de normes CO2, qui renforce la compétitivité à long terme de l'industrie automobile européenne et améliore l'accessibilité financière pour les citoyens européens », soulignent les pays signataires.