L'Espagne et cinq pays de l'UE présenteront une proposition visant à réviser la politique commune de la pêche

MADRID, 11 novembre (EUROPA PRESS) –

L'Espagne présentera, avec la Belgique, la France, l'Italie, les Pays-Bas et le Portugal, une proposition commune à Bruxelles pour demander à la Commission européenne de simplifier et de réviser la politique commune de la pêche (PCP).

C'est ce qu'a annoncé le ministre de l'Agriculture, de la Pêche et de l'Alimentation, Luis Planas, aux conseillers de la branche des communautés autonomes dans le cadre du Conseil consultatif de politique de pêche pour les affaires communautaires, qui s'est tenu aujourd'hui par vidéoconférence pour discuter des questions qui seront analysées au Conseil des ministres de l'Agriculture et de la Pêche de l'Union européenne le 17 novembre.

Le chef de la branche a souligné qu' »il est nécessaire d'adapter la PCP au contexte actuel, en renforçant la souveraineté alimentaire, l'autonomie stratégique et la viabilité socio-économique du secteur », tout en soulignant que cette révision doit répondre aux défis du changement climatique, de la concurrence pour l'espace maritime et de la préservation des communautés côtières.

Dans ce contexte, Planas a souligné aujourd'hui la complexité des négociations pour établir les totaux admissibles de captures (TAC) et les quotas de pêche pour 2026 et a souligné la difficulté du processus, tant dans l'Atlantique que dans la Méditerranée, c'est pourquoi il a souligné l'importance de maintenir un équilibre entre la durabilité des ressources et la rentabilité socio-économique du secteur.

Concernant la Méditerranée, le responsable de la Pêche a rappelé que la proposition finale n'a pas encore été publiée, mais que les négociations s'annoncent particulièrement complexes en raison de l'application du nouveau cadre à long terme, qui établit des limites de capture et des critères de durabilité plus stricts, ainsi que d'éventuelles réductions de l'effort de pêche.

L'Espagne considère ces « réductions inabordables » compte tenu de la situation extrême du secteur, marquée par les efforts déjà réalisés en termes de sélectivité et de durabilité, comme l'obligation d'utiliser des maillages plus sélectifs dans toute la flotte de chalutage, mesures qui ont été financées par le gouvernement espagnol.

De cette manière, Planas a insisté sur le fait que lors de la réunion « l'Espagne défendra la prise en compte des facteurs socio-économiques ainsi que des facteurs de conservation », en particulier pour les espèces critiques pour la flotte artisanale et chalutière de la mer Cantabrique, du nord-ouest et du golfe de Cadix.

EXIGE UN PAC « SOLIDE, AUTONOME ET AVEC UN BUDGET SUFFISANT »

D'autre part, et face à la réunion des ministres européens où sera abordée la proposition de Politique agricole commune (PAC) post-2027, qui introduit des changements dans la répartition des fonds, Planas a insisté sur l'importance de défendre à Bruxelles une position constructive et ambitieuse qui garantit une PAC solide, autonome et dotée d'un budget suffisant, « capable de répondre aux nouveaux défis en matière de sécurité alimentaire, de durabilité, de rentabilité du secteur et de changement générationnel des agriculteurs ».

En ce qui concerne le commerce agroalimentaire, le responsable du secteur a souligné que, même si le contexte géopolitique international est instable et complexe, l'Espagne maintient « une force remarquable, avec des exportations dépassant 77 milliards d'euros l'année dernière », et a souligné l'importance de diversifier les marchés.

Planas a apprécié les progrès réalisés dans l'agenda européen, comme l'accord Union européenne-Mercosur, et a souligné l'importance de maintenir des relations commerciales stables avec les États-Unis.

Selon le ministre, les derniers accords avec ce pays ont évité une guerre tarifaire et ont bénéficié à des secteurs stratégiques pour l'Espagne, comme l'huile d'olive et le vin, qui « ont su maintenir leur compétitivité ». Au premier semestre 2025, les exportations d'huile d'olive vers les États-Unis ont augmenté de 26 % en volume.

Concernant l'Ukraine, Planas a souligné qu' »il est essentiel que l'application de l'accord de libre-échange maintienne l'équilibre entre le soutien au pays et la protection de nos secteurs sensibles ». Il a également souligné l'attention particulière accordée aux produits stratégiques pour l'Espagne, comme le miel, pour lesquels des contrôles d'origine renforcés ont été demandés pour garantir leur traçabilité et protéger la compétitivité du secteur national.

Par ailleurs, le ministre a souligné les progrès des négociations avec l'Australie, les Émirats arabes unis, l'Inde et l'Indonésie, soulignant que « l'ouverture commerciale doit toujours s'accompagner d'un équilibre et d'une défense des secteurs les plus sensibles ».