Les dirigeants de l’UE envisagent de réduire leur contribution au budget de l’UE à 21 milliards mais maintiennent l’aide à l’Ukraine

Ils étudient l’opportunité de réaffecter 1,1 milliard de fonds de la PAC et de cohésion, mais sans réduire les allocations nationales.

Lors de leur réunion de jeudi, les chefs d’État et de gouvernement de l’UE étudieront s’il convient de réduire à 21 milliards les contributions demandées par la Commission européenne aux États membres pour le budget communautaire pour les quatre prochaines années, par rapport aux 66 milliards initialement proposés à 21 000 millions, même si le fonds de 50 milliards pour l’Ukraine que le Premier ministre hongrois Viktor Orbán menace de bloquer resterait intact.

Cela se reflète dans une nouvelle proposition du président du Conseil européen, Charles Michel, à laquelle Europa Press a eu accès, et que les dirigeants étudient actuellement pour décider s’il convient de réduire l’ensemble du cadre financier pluriannuel (CFP) pour le période comprise entre 2024 et 2027, passant des 99 milliards proposés par l’exécutif communautaire à 64,6 milliards.

De cette manière, l’argent « frais » apporté par les capitaux serait réduit des 65,8 milliards demandés par la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, à 21 000 – dont 17 000 millions pour l’Ukraine -, ce qui correspond au total. à 10,6 milliards de réaffectation de fonds déjà existants et 33 milliards supplémentaires sous forme de prêts à l’Ukraine.

Le projet réduit encore les chiffres déjà abaissés par la proposition de la présidence espagnole du Conseil, sur laquelle l’équipe de Michel a travaillé, de faire des concessions aux pays les plus réticents à procéder à des décaissements extraordinaires pour le budget et aux menaces de financement global de la Hongrie. en Ukraine si ses fonds gelés n’étaient pas débloqués en retour.

Pour combler ce déficit budgétaire, Michel suit la voie du texte espagnol et propose de réorienter 10,6 milliards provenant de la réaffectation des fonds des programmes existants, dont 1,1 milliard provenant des fonds de cohésion et de la Politique agricole commune (PAC), même si le texte précise spécifiquement que « les allocations nationales des États membres ne seront pas affectées ».

La proposition de Michel n’est plus basée sur l’estimation des revenus provenant des avoirs russes gelés, comme l’Espagne l’avait proposé dans une précédente proposition qui n’a pas été appréciée par les délégations car elle a été perçue comme une « liste de souhaits » de la présidence.

Des sources diplomatiques ont critiqué le fait que l’argent provenant des avoirs russes gelés, estimés entre 15 et 17 milliards, était basé sur des calculs potentiels, puisque l’accès à cet argent n’est pas encore garanti et, de toute façon, il ne peut être utilisé que pour la reconstruction de Ukraine.

La nouvelle conception réduit également le montant alloué à la migration des 12,5 milliards initiaux proposés par Bruxelles à 9,6 milliards, tandis que la plateforme technologique stratégique (STEP), conçue par la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, pour promouvoir le long terme la compétitivité de l’UE, dont la totalité du montant sera destinée au fonds de défense.

De même, la proposition élimine les ressources allouées au paiement des intérêts de la dette communautaire et remplace le poste de 18,9 milliards demandé par la Commission par l’introduction d’un « mécanisme en cascade » pour relocaliser les fonds antérieurs.

Face aux réticences générées par les textes précédents, des sources diplomatiques ont indiqué que l’approche de Michel allait « dans la bonne direction » et se rapproche de la position des Etats membres qui défendent une réduction de l’argent « frais » sans nuire à l’Ukraine.