Le PE demande des garanties que le contrôle sur le lobby étranger ne stigmatise pas la participation civique


Dossier – La session plénière du Parlement européen à son siège à Strasbourg (France).

– Philipp von Ditfurth/dpa – Archives

BRUXELLES, 27 novembre (EUROPA PRESS) –

La séance plénière du Parlement européen défendra dans les négociations avec les 27 que la nouvelle loi visant à renforcer le contrôle des activités de « lobbying » des puissances étrangères comme la Russie dans l'Union européenne ne devienne pas un instrument pour « isoler ou pénaliser » d'autres entités de la société civile qui cherchent à participer dans le cadre des règles au débat public.

Cela se reflète dans le mandat de négociation adopté ce jeudi par les députés européens à Strasbourg (France) et qui fixe les lignes rouges de l'institution lorsque le Conseil (gouvernement) établira sa propre position et que les négociations entre les colégislateurs pourront commencer.

Ces réglementations s'appuient sur une proposition présentée par la Commission européenne en décembre 2023 pour répondre aux tentatives de groupes de pression de pays tiers qui, comme la Russie, la Chine ou le Qatar, ont tenté d'influencer ou de déstabiliser le processus décisionnel au sein de l'UE.

L'initiative de Bruxelles propose, entre autres, de créer un registre de transparence pour les groupes d'intérêt étrangers et l'obligation de signaler s'il existe un financement externe dans les activités de représentation au sein de l'UE.

« La transparence n'est pas une question idéologique, mais une condition fondamentale de la confiance démocratique. En vertu de cette directive, toute personne cherchant à influencer les décisions dans l'UE au nom d'un gouvernement étranger doit s'enregistrer et être visible. Des règles claires et uniformes sont établies dans toute l'Europe, sans étiqueter ni surcharger les organisations légitimes », a déclaré la rapporteure pour le mandat du Parlement européen, députée européenne et ancienne commissaire européenne, Adina Valean, dans un communiqué.

Sur la base de la proposition de l'Exécutif communautaire, les députés proposent des modifications telles que l'introduction de garanties qui, contrairement à ce qui s'est produit dans certains pays avec ce type de lois définies comme arrêtant les « agents étrangers », deviennent un outil de stigmatisation qui rend difficile la participation civique.

C'est pourquoi les députés insistent sur le fait que la directive ne devrait pas être utilisée pour « pénaliser ou isoler » des entités telles que les organisations de la société civile, ni pour chercher à opposer son veto ou à exiger une déclaration de financement par des tiers d'entités qui ne sont pas liées à des activités de lobbying.

Pour renforcer la transparence et la responsabilité, les autorités nationales doivent disposer d'un registre obligatoire interconnecté avec le reste des États membres via un portail centralisé, comme l'a indiqué le Parlement européen dans un communiqué.

Après l'enregistrement, les entités disposeront d'un numéro européen de représentation d'intérêts (EIRN) unique, valable dans toute l'UE et dans lequel les données doivent être présentées de manière objective et neutre.