Le Parlement européen donne son feu vert à une harmonisation pénale contre la corruption qui unifie les crimes et les sanctions au sein de l'UE


Dossier – Un député européen indique le vote contre son groupe lors de la séance de vote de la session plénière du Parlement européen à Strasbourg (France).

– ALAIN ROLLAND – Archives

BRUXELLES, 26 mars (EUROPA PRESS) –

Ce jeudi, le Parlement européen a donné son approbation au nouveau cadre pénal commun de l'UE pour lutter contre la corruption, culminant l'accord précédemment conclu avec le Conseil, qui harmonise la qualification des comportements illicites et les sanctions applicables dans tous les États membres pour renforcer les poursuites.

La directive, approuvée par 581 voix pour, 21 contre et 42 abstentions, élargit la liste des comportements considérés comme de la corruption dans toute l'UE et inclut des délits tels que la corruption, le détournement, le trafic d'influence, l'entrave à la justice ou l'enrichissement illicite, tant dans la sphère publique que privée.

Le texte introduit également un système de peines maximales communes dans l'UE pour éviter des différences majeures entre les pays et renforcer la lutte contre ces pratiques, notamment lorsqu'elles sont transfrontalières.

Cela vise à garantir que les sanctions ne sont pas insuffisantes et à combler d'éventuelles lacunes dans leur application, même si les États membres peuvent maintenir ou adopter des règles plus strictes et les adapter à leur système juridique.

Elle prévoit également des mesures telles que des amendes, l'interdiction d'exercer des fonctions publiques ou l'exclusion de l'accès aux marchés publics et aux aides, ainsi que des sanctions pour les entreprises pouvant atteindre entre 3 % et 5 % de leur chiffre d'affaires global ou des montants compris entre 24 et 40 millions d'euros.

De même, des critères communs sont établis pour déterminer la compétence des États membres dans ces cas, y compris les cas dans lesquels l'infraction est commise sur leur territoire ou l'auteur de l'infraction est un ressortissant, ainsi que les situations dans lesquelles cette compétence peut être étendue, par exemple si l'auteur réside habituellement dans le pays ou si l'infraction affecte l'un de ses citoyens.

La réforme renforce également la coordination entre les autorités nationales et les organisations européennes telles que l'Office européen de lutte antifraude (OLAF), le Parquet européen, Europol et Eurojust, ainsi que l'échange d'informations pour améliorer les enquêtes sur ces affaires.

En parallèle, les pays doivent adopter et mettre à jour des stratégies nationales, réaliser des évaluations périodiques des risques dans les secteurs les plus exposés et garantir des normes d'intégrité, de conflits d'intérêts et de transparence dans le financement politique, en plus de disposer d'organismes indépendants pour prévenir ces pratiques.

Après cette étape, la directive doit être formellement adoptée par le Conseil avant sa publication au Journal officiel de l'UE. Une fois en vigueur, les États disposeront d'un délai pouvant aller jusqu'à deux ans pour adapter leur législation, avec une plus grande marge pour certaines mesures spécifiques.