Le Parlement européen demande une augmentation du budget de l'UE de 10 % pour renforcer la défense et la compétitivité


Fichier – Des écrans montrent les résultats du vote de confiance lors d'une séance plénière de la Chambre fédérale belge, tenue au Parlement européen

-Thierry Roge/BELGA/dpa – Archive

BRUXELLES, 15 avril (EUROPA PRESS) –

La commission du budget du Parlement européen a appelé à augmenter le prochain budget à long terme de l'Union européenne de 10 % pour la période 2028-2034 dans le but de renforcer de nouvelles priorités comme la défense, la compétitivité ou la transition verte et numérique, sans couper d'autres fonds comme la politique agricole commune ou la cohésion.

Le texte, approuvé par 26 voix pour, 9 contre et 5 abstentions, fixe le volume du cadre financier à 1,27% du revenu national brut de l'UE, par rapport à la proposition initiale de la Commission, et défend l'exclusion du plafond budgétaire des coûts de remboursement de la dette du fonds de relance NextGenerationEU.

Les députés considèrent que cette augmentation est le minimum nécessaire pour faire face à des défis tels que la guerre en Europe, l'écart de compétitivité, les difficultés économiques et sociales ou l'aggravation de la crise du climat et de la biodiversité, tout en insistant sur le maintien du caractère d'investissement du budget européen au profit des citoyens, des régions et des entreprises.

Dans sa position de négociation, le Parlement européen insiste sur le fait que le renforcement de ces nouvelles priorités ne doit pas se faire au détriment des politiques traditionnelles, qu'il qualifie de « colonne vertébrale de la solidarité européenne », c'est pourquoi il appelle à maintenir des financements différenciés dans des domaines comme l'agriculture, la cohésion ou le Fonds social européen et à garantir la participation des autorités régionales et locales à leur planification et à leur gestion.

De même, il rejette un modèle de gestion basé sur des plans nationaux individuels, estimant qu'il pourrait conduire à une « renationalisation » du budget et à une UE « à la carte », ce qui, selon lui, affaiblirait les politiques communes et réduirait la transparence.

Le rapport soutient également l'augmentation du financement de programmes stratégiques tels que Horizon Europe, Erasmus+ ou le mécanisme pour l'interconnexion en Europe, ainsi que le renforcement de domaines tels que l'innovation, la santé ou la protection civile.

Dans le domaine extérieur, les députés estiment également que l'allocation prévue est insuffisante et demandent davantage de ressources pour l'élargissement de l'UE, la coopération internationale, le soutien à l'Ukraine et l'aide humanitaire.

DE NOUVEAUX REVENUS ET PLUS DE CONTRÔLE

Pour financer cette augmentation, le Parlement insiste sur la nécessité d'introduire de nouvelles ressources propres pour soutenir le budget et faire face au remboursement de la dette commune, tout en favorisant le regroupement de différentes sources de revenus pour générer environ 60 milliards d'euros par an.

Parmi les options évoquées figurent des taxes sur les services numériques, les jeux en ligne, un élargissement du mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (CBAM) ou encore une taxe sur les plus-values ​​sur les actifs cryptographiques.

Dans le même temps, les députés préviennent qu'une plus grande flexibilité dans la gestion budgétaire ne doit pas se faire au détriment de la transparence ou du contrôle démocratique, et préviennent que « une flexibilité sans transparence pourrait saper la confiance » des citoyens dans l'UE.

Le Parlement européen envisage d'adopter cette position lors de la séance plénière du 29 avril, ce qui permettra d'entamer les négociations avec le Conseil pour convenir du budget à long terme, qui nécessite l'accord des États membres et l'approbation du Parlement.