– LAURIE DIEFFEMBACQ / PARLEMENT EUROPÉEN – Archive
BRUXELLES, 14 janvier (EUROPA PRESS) –
La session plénière du Parlement européen décidera lors de sa séance de la semaine prochaine s'il décide d'entamer le processus de dénonciation de l'accord d'association et de commerce entre l'Union européenne et les pays du Mercosur devant la Cour de justice de l'Union européenne (CJUE) ; que les deux régions signeront ce samedi et dont le pilier commercial pourrait entrer en vigueur provisoirement avant que les textes ne soient soumis au vote du Parlement européen.
La question ne sera pas débattue par les députés européens réunis à Strasbourg (France), mais elle sera soumise au vote de la séance plénière à travers deux résolutions différentes, l'une promue par les Verts et la Gauche européenne et l'autre par le groupe des Patriotes pour l'Europe.
« Après deux mois d'obstruction de la part du président du Parlement, notre résolution de recours devant la Cour de justice de l'UE sur l'accord UE-Mercosur sera soumise au vote mercredi prochain », a annoncé dans un communiqué la coprésidente de la gauche européenne, l'eurodéputée française Manon Aubry, qui a assuré que « chaque vote compte » et que la décision sera « décisive pour vérifier la légalité de l'accord ».
Dans le cas des Patriotes pour l'Europe, la résolution demande qu'une consultation soit soumise à la CJUE pour statuer sur la compatibilité de l'accord avec les traités de l'Union et propose que le pacte soit suspendu aussi longtemps que la justice européenne prendra pour résoudre le problème.
Dans un communiqué, Vox dénonce le fait que la Commission européenne ait choisi de « diviser » l'accord en deux instruments distincts : un pilier commercial intérimaire relevant de la compétence exclusive de l'UE et un accord d'association qui nécessite le vote du Parlement européen pour entrer en vigueur.
Cette division, affirme le parti, « n'apparaît pas dans le mandat de négociation approuvé par le Conseil, qui exigeait expressément un accord unique et mixte, et que la Commission n'a pas le pouvoir de modifier par elle-même la nature juridique d'un traité international déjà négocié ».
Dans ce contexte, et compte tenu de la nouvelle confirmation que la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, sera confrontée à la quatrième motion de censure en six mois lors de cette séance plénière, précisément en raison de la remise en question de l'accord avec le Mercosur par des groupes d'extrême droite, Bruxelles a insisté sur le fait qu'aucune décision n'a encore été prise sur l'application provisoire de l'accord.
L'exécutif communautaire confirme que l'accord commercial peut entrer en vigueur après sa signature samedi, sans attendre le vote du Parlement européen, mais il a refusé ces dernières semaines de préciser s'il envisageait ou non cette possibilité, malgré les critiques du camp européen et le rejet de pays comme la France et l'Irlande.
« Soyons clairs : aucune décision n'a été prise sur l'application provisoire de l'accord du Mercosur. Dans les semaines à venir, la Commission se concentrera sur le dialogue avec les députés européens pour obtenir leur soutien, avant le vote final sur l'accord », a déclaré le porte-parole communautaire pour le Commerce, Olof Gill.
« Nous pensons qu'il s'agit d'un accord que le Parlement européen peut soutenir en toute confiance », a-t-il conclu.