Le Parlement européen appelle à une stratégie de lutte contre l'exploitation du travail dans l'UE


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BRUXELLES, 12 février (EUROPA PRESS) –

Le Parlement européen a réclamé ce jeudi une stratégie globale de l'Union européenne pour lutter contre l'exploitation du travail, y compris la sous-traitance abusive, le travail illégal et l'intermédiation frauduleuse, estimant que ces pratiques violent les droits fondamentaux et faussent la concurrence au sein du marché unique.

Avec 332 voix pour, 209 contre et 33 abstentions, la séance plénière a approuvé un rapport dans lequel elle exhorte la Commission européenne à intensifier ses efforts contre ces comportements qui – soulignent les députés – représentent une violation des droits des travailleurs et des droits de l'homme.

Entre autres choses, le texte prévient que l'externalisation des activités principales peut générer des environnements de travail fragmentés et moins sécurisés, avec moins de transparence et de responsabilité.

En outre, il prévient que les longues chaînes de sous-traitance peuvent exposer les travailleurs à des horaires plus longs, à des salaires inférieurs, à des risques accrus en matière de santé et de sécurité et à une plus grande précarité.

Selon le rapport, la lutte contre les pratiques illégales dans les chaînes de sous-traitance protège non seulement les travailleurs, mais garantit également des conditions de concurrence équitables pour les entreprises qui respectent la réglementation.

En ce sens, les députés soulignent l'importance de renforcer les relations de travail directes, en particulier dans les secteurs à haut risque, et appellent à améliorer la coopération entre l'Autorité européenne du travail, Europol, les autorités nationales et les partenaires sociaux, afin de renforcer l'application de la législation et la coordination transfrontalière.

En matière de sanctions, le Parlement prévient qu'actuellement, les personnes soumises à des interdictions commerciales dans un État membre peuvent les éviter en créant des entreprises dans un autre pays de l'UE.

En outre, il souligne que, selon les données d'Eurostat, en 2023, 3.298 accidents mortels du travail ont été enregistrés dans l'Union et rappelle les avertissements d'Europol sur l'infiltration de la criminalité organisée dans l'économie légale, soulignant que 86% des réseaux criminels les plus dangereux ont recours à des entreprises légales – notamment dans les secteurs de la construction et de la logistique – pour faciliter l'exploitation et la fraude.

Pour cette raison, il appelle à progresser vers une reconnaissance mutuelle des interdictions commerciales et des sanctions pénales, ainsi qu'à garantir que les sanctions pour les délits liés au travail soient « efficaces, dissuasives et proportionnées ».