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BRUXELLES, 10 février (EUROPA PRESS) –
La commission spéciale du Parlement européen sur la crise du logement a approuvé une batterie de propositions pour répondre à la crise du logement dans l'Union européenne, avec des mesures visant à accroître l'offre, à réduire les obstacles administratifs et à garantir un accès « décent, durable et abordable » au logement dans tous les États membres.
Avec 23 voix pour, six contre et quatre abstentions, les députés ont donné leur feu vert cette semaine à leur rapport final, qui sera soumis à la session plénière de mars et vise à influencer le plan européen présenté en décembre par la Commission, axé sur la mobilisation de ressources publiques et privées, le renforcement du parc social et la promotion de la construction dans toute l'UE.
« Le manque de logements est la forme la plus grave de pauvreté et d'exclusion sociale », souligne le Parlement européen, qui attribue la crise à des années de construction insuffisante et à un « déséquilibre persistant » entre l'offre et la demande, dans un contexte où – souligne-t-il – les loyers ont augmenté de 28,8% depuis 2010 et les prix d'achat et de vente de 60,5%.
Compte tenu de ce diagnostic, le Parlement propose en priorité d'agrandir le parc résidentiel et d'accélérer à la fois la construction et la réhabilitation, dans le but de réduire les charges administratives et de fixer un délai maximum de 60 jours pour accorder les permis liés à des projets durables et abordables.
« Le rapport place l'offre de logements au centre de la réponse, reconnaissant la nécessité de faciliter la construction de quelque 10 millions de logements supplémentaires dans toute l'Europe », a déclaré l'eurodéputé « populaire » Borja Giménez Larraz, principal responsable du texte.
Selon lui, le document adopte « une approche équilibrée » qui « renforce la protection de la propriété privée, assure la sécurité juridique et crée le cadre approprié pour l'investissement », tout en « respectant la diversité des systèmes nationaux de logement » et en contribuant à améliorer l'accessibilité financière dans toute l'Union.
ABORDABILITÉ DANS LES ZONES EN STRESS ET AIDES FISCALES
Le rapport exige que la future réglementation européenne sur la location à court terme – que l'Exécutif communautaire présentera cette année – trouve un équilibre entre l'activité touristique et le droit au logement, en garantissant que l'expansion de ce type de location ne détériore pas l'accessibilité financière dans les villes les plus stressées.
De même, les députés demandent aux Vingt-Sept d'établir « un système fiscal efficace pour les politiques de logement », avec des incitations à la rénovation et à la nouvelle construction, comme l'application de taux de TVA très réduits, et d'éliminer les barrières pour les premiers acheteurs et les locations à long terme.
SOUVERAINETÉ INDUSTRIELLE ET EMPLOI
Le texte propose de renforcer la capacité industrielle de l'Union dans le secteur de la construction et de la réhabilitation, de promouvoir l'utilisation de matériaux et de solutions innovants et durables, de renforcer le marché européen des matières premières et d'intégrer des exigences minimales d'origine européenne dans les projets financés par les fonds de l'UE.
De même, les députés demandent que la future stratégie européenne dans ce domaine comprenne des améliorations des conditions de travail, avec davantage de formation et des salaires adéquats, facilite la reconnaissance des qualifications professionnelles entre les États et, si nécessaire, permette d'attirer des travailleurs qualifiés de pays tiers pour combler le manque de main d'œuvre.
De son côté, le Groupe socialiste, qui a également soutenu l'initiative, a salué le fait que le rapport intègre des avancées telles que le renforcement des droits des locataires, la reconnaissance du sans-abrisme comme l'une des formes les plus extrêmes de pauvreté et des mesures pour lutter contre la spéculation et améliorer la transparence.
Cependant, l'eurodéputée Alícia Homs (S&D) a averti que le texte est « loin » d'être le résultat souhaité et a regretté que les négociations aient été marquées, selon elle, par « une approche trop orientée vers le marché ».
Il a cependant justifié le soutien des socialistes parce que « les gens attendent que l'Europe agisse », tout en soulignant que leur soutien « n'est pas un chèque en blanc » et qu'ils continueront à défendre une politique du logement « centrée sur les personnes ».