Le gouvernement polonais approuve une loi accordant des droits aux unions homosexuelles après l'arrêt de la CJUE


Le Premier ministre polonais Donald Tusk

– Europa Press/Contact/Igor Jakubowski

MADRID, 30 décembre (EUROPA PRESS) –

Le Conseil des ministres polonais a approuvé mardi un projet de loi visant à accorder davantage de droits aux unions civiles, y compris aux couples de même sexe, à la suite de l'arrêt de la Cour de justice de l'Union européenne (CJUE) qui oblige tous les pays à reconnaître un mariage homosexuel célébré dans un autre État membre.

« C'est une grande avancée pour garantir la sécurité et la protection juridique des personnes vivant dans des relations homosexuelles et hétérosexuelles qui n'ont pas décidé d'officialiser leur union », a détaillé la secrétaire d'État polonaise auprès du Cabinet du Premier ministre, Katarzyna Kotula, comme l'a rapporté l'agence de presse PAP.

La mesure comprend une série de droits qui ne s'appliquent en Pologne qu'aux couples mariés, tels que l'exonération des droits de succession et de donation ; accès aux dossiers et informations médicales ; obtenir une assurance maladie; la réglementation de la propriété ou les questions liées aux retraites, entre autres.

Le projet de loi présenté par le gouvernement du Premier ministre Donald Tusk devrait être débattu en janvier, même s'il se heurte à un éventuel veto du président polonais, l'extrême droite Karol Nawrocki, lié au principal parti d'opposition, Droit et Justice (PiS).

Récemment, la CJUE a statué que chaque État membre doit reconnaître la légalité d'un mariage homosexuel contracté dans un autre pays de l'Union européenne, que le mariage homosexuel ne soit pas inclus ou non dans son système juridique national.

Cette décision intervient après que dix plaignants ont fait appel devant la CJUE après avoir entamé une bataille juridique dans le système judiciaire polonais après avoir constaté qu'ils ne pouvaient s'inscrire dans aucun registre en tant que couples de même sexe.

Le jugement a ainsi déterminé que l'État polonais avait violé la Convention européenne des droits de l'homme, en particulier l'article qui établit le respect de la vie privée et familiale, car il n'existait pas de « cadre juridique spécifique » protégeant les unions homosexuelles.

La CJUE a toutefois précisé que cet arrêt n'implique pas que cet État doive envisager le mariage entre deux personnes du même sexe dans son droit national. La Pologne n'envisage que le mariage entre un homme et une femme et dispose même d'un Code de la famille pour renforcer le veto constitutionnel.