Le gouvernement annonce une aide de 5 millions au secteur apicole

Planas, après les rapports de la CE, estime qu’il s’agit d’une « fraude à la consommation » et d’une « concurrence déloyale » envers les producteurs espagnols

MADRID, 24 mars (EUROPA PRESS) –

Le ministre de l’Agriculture, de la Pêche et de l’Alimentation, Luis Planas, a avancé ce vendredi que le gouvernement accorderait une aide extraordinaire de 5 millions d’euros au secteur apicole, qui traverse une situation compliquée en raison de l’augmentation des coûts, de la sécheresse et les importations de miel en provenance de pays extérieurs à l’UE.

« Dans ce contexte, nous allons articuler une aide directe de cinq millions d’euros pour l’ensemble du secteur. J’appelle également les communautés autonomes, où le secteur est important, afin qu’elles puissent le compléter et augmenter son montant », Planas indiqué après avoir inauguré une conférence d’information sur le Plan Stratégique de la Politique Agricole Commune (PAC) à l’Ecole Technique Supérieure du Génie Agricole, Alimentaire et des Biosystèmes.

Planas a reconnu que l’exécutif a détecté « que le secteur apicole a besoin de soutien ». L’apiculture est un petit secteur au sein du secteur de l’élevage, mais il mérite toute la reconnaissance et le soutien. Nous nous retrouvons avec des problèmes non seulement d’augmentation des coûts mais aussi d’étiquetage, car une bonne partie des importations ne respectent pas les réglementations communautaires, ce qui est une fraude aux consommateurs et une concurrence déloyale », a-t-il souligné.

Des aides directes à un secteur, mobilisées par l’Espagne ces derniers mois, qui interviennent après avoir pris connaissance des rapports de la Commission européenne qui révèlent qu’une grande partie des importations de miel en provenance de pays tiers ne respectent pas les réglementations communautaires.

Le Comité européen des organisations professionnelles agricoles (Copa-Cogeca) a expliqué que si pratiquement un produit à base de miel sur deux qui parvient dans l’Union européenne est frelaté, cela signifie que 20 % de tout le miel consommé dans l’UE est frelaté.

Lors du dernier Conseil des ministres de l’agriculture de l’Union européenne qui s’est tenu lundi, Planas a déjà avancé l’opportunité de permettre aux fonds européens de soutenir le secteur apicole et a réitéré la demande, avec d’autres États membres, que l’étiquetage du miel importé, chacun des pays d’origine est précisé avec le pourcentage correspondant dans chaque colis.

« Lorsque nous avons introduit l’étiquetage du miel en Espagne il y a trois ans, nous avions l’intention d’introduire également le pays d’origine et le pourcentage. Mais lorsque nous avons soumis ce projet de décret à la Commission européenne pour consultation, ce point n’a pas été accepté par la Commission », se souvient Planas.

Après avoir pris connaissance de ces rapports, qui révèlent que 46% du miel importé dans l’UE n’est pas conforme à la réglementation communautaire, Planas estime que cela représente « une fraude des consommateurs et, évidemment, une concurrence déloyale pour les producteurs espagnols ».

Par ailleurs, le ministre de la branche a rappelé que le secteur apicole dispose d’une intervention sectorielle dans la PAC dotée d’un budget de 19 millions d’euros pour booster sa compétitivité.

D’autre part, le ministre de l’Agriculture, lors de sa participation à la conférence, a souligné le « processus participatif et transparent » suivi pour l’élaboration du plan stratégique pour l’application de la réforme de la politique agraire commune (PAC) en Espagne, dont il a assuré qu’il s’agit d’un « exemple d’administration ouverte aux agents privés et de respect du modèle étatique de répartition des compétences ».

« C’est un outil fondamental de rentabilité et de compétitivité pour l’ensemble du secteur agricole », a-t-il souligné.

Planas a réitéré que la préparation de ce plan est un « exemple d’orientation et de transformation profonde » et l’un des exercices les plus importants de coordination et de coopération entre l’État général et les administrations régionales avec les organisations professionnelles agricoles, les coopératives, les ONG environnementales et tous les interlocuteurs intéressés dans le secteur agricole.