Le CERMI critique l'approche « protectionniste » du nouveau règlement européen sur l'intelligence artificielle

MADRID, 11 septembre (EUROPA PRESS) –

Le Comité espagnol des représentants des personnes handicapées (CERMI) et la Fondation Droit et Handicap ont préparé un rapport décrivant l'impact sur les droits des personnes handicapées du nouveau règlement de l'Union européenne sur l'intelligence artificielle et, parmi les aspects négatifs, ils critiquer son approche « protectionniste ».

Le rapport, préparé par le professeur, chercheur et diffuseur scientifique de l'Université Carlos III de Madrid, spécialisé en droits de l'homme, handicap et technologie, Francisco Bariffi, souligne que « la réglementation tend à considérer les personnes handicapées principalement comme des sujets de protection ». , au lieu de les considérer comme des agents actifs dans le développement et l’évaluation des systèmes d’IA. »

« Cela limite leur participation à la création de technologies qui affecteront directement leurs droits, et aucun mécanisme clair n'est établi pour garantir leur implication dans les décisions qui les concernent », souligne-t-il.

En outre, ils critiquent le fait que le règlement présente une « asymétrie normative » notable entre l'exposé des motifs et les dispositions contraignantes, ce qui réduit son efficacité ; un manque de « mesures spécifiques » et d'une approche globale, car « bien que les personnes handicapées soient reconnues comme un groupe vulnérable, le règlement manque de dispositions spécifiques qui répondent de manière globale aux défis posés par l'utilisation de l'IA pour ce groupe dans des domaines clés tels que l'éducation , l'emploi et les services essentiels.

Ils ajoutent également que le règlement « se concentre sur les interdictions et les réglementations à haut risque, mais n’examine pas comment l’IA pourrait bénéficier activement à la vie des personnes handicapées ni comment leur inclusion et leur autonomisation peuvent être promues ».

Ils précisent également que, pour les systèmes qui ne sont pas considérés comme à haut risque, le règlement s'appuie sur des codes de conduite volontaires pour garantir l'accessibilité et préviennent que « cette dépendance au caractère volontaire peut être insuffisante, car elle ne garantit pas que tous les systèmes d'IA prennent en compte les besoins spécifiques des personnes handicapées.

Entre-temps, parmi les points forts du règlement, on mentionne la reconnaissance explicite des personnes handicapées comme un groupe vulnérable nécessitant une protection spéciale et l'interdiction des pratiques abusives qui exploitent leurs vulnérabilités.

Enfin, le rapport suggère plusieurs améliorations pour rendre le règlement plus inclusif, notamment le renforcement des dispositions contraignantes, la participation des personnes handicapées, des mesures proactives en faveur de l'inclusion et des mécanismes de contrôle continu pour surveiller l'impact de l'IA sur ce collectif.