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SANTIAGO DE COMPOSTELA, le 25 mai. (EUROPA PRESS) –
La Xunta de Galicia a envoyé une lettre au gouvernement central lui demandant de défendre auprès des autorités communautaires la nécessité de prendre en compte les particularités du secteur de la valorisation énergétique des déchets afin que le nouveau régime d'échange de quotas d'émission (ETS) de l'UE ne s'y applique pas, comme initialement prévu.
C'est ce qu'a demandé le ministre de l'Environnement et du Changement climatique, Ángeles Vázquez, dans une lettre envoyée à la troisième vice-présidente et ministre de la Transition écologique et du Défi démographique, Sara Aagesen, dans laquelle elle expose la préoccupation de l'exécutif galicien quant à la possibilité que l'expansion de l'actuel marché du carbone affecte les installations dédiées à la récupération d'énergie puisque, en pratique, cela les obligerait à acquérir des droits d'émission équivalents aux tonnes de CO2 qu'elles émettent chaque année dans l'atmosphère.
Comme l'a souligné la Xunta dans un communiqué, l'une des personnes concernées par cette mesure serait l'entreprise publique Sogama, dont le modèle de gestion des déchets est majoritaire en Galice et à laquelle adhèrent actuellement 304 municipalités (97% du total).
Pour cette raison, l'autorité régionale fait valoir dans sa lettre que l'application du SEQE dans ce cas ne tient pas compte du fait que nombre de ces installations assurent un service public essentiel et, à ce titre, doivent traiter tous les déchets reçus quelle que soit leur composition ou leur teneur en CO2.
En outre, l'Exécutif régional a soutenu qu'à l'heure actuelle, la valorisation énergétique manque d'alternative technologique qui puisse la remplacer immédiatement pour traiter les déchets non recyclables et que les ressources que ce type d'installations devraient consacrer à l'achat de droits d'émission ne seraient plus investies dans des améliorations environnementales ou technologiques dans les installations elles-mêmes. En fait, il souligne qu'au cours de la seule dernière décennie, la Sogama a alloué plus de 118 millions d'euros pour améliorer l'efficacité et le fonctionnement du système.
C'est pour cette raison que l'édile met également en garde contre les risques que pourrait comporter l'application de ce nouveau régime au secteur de la valorisation énergétique, du point de vue environnemental, compte tenu de l'augmentation prévisible des déchets qui seraient envoyés aux décharges (qui sont toujours la dernière option), car cela devient une alternative plus intéressante économiquement.
Après avoir rappelé que la valorisation dans le domaine de la gestion des déchets apporte depuis des années d'importants bénéfices environnementaux et énergétiques, il défend que les progrès réalisés dans ce domaine doivent être valorisés, ainsi que les implications qu'une mesure comme celle-ci aurait pour l'avenir d'un secteur qui respecte rigoureusement les réglementations environnementales et joue un rôle très pertinent dans la minimisation de l'option de mise en décharge.
COÛT SUPPLÉMENTAIRE DE 14 MILLIONS D'EUROS
Ainsi, selon les estimations de la Xunta, l'éventuelle application de cette nouvelle obligation entraînerait, dans le cas de l'entreprise publique galicienne, un coût annuel supplémentaire de 14 millions d'euros, ce qui, comme l'a indiqué la Xunta, aurait également un impact sur le montant de la redevance payée par les municipalités à Sogama et pourrait même compromettre la viabilité de l'usine, qui, comme on le rappelle, a déjà dû faire face ces dernières années à de nouveaux impôts de l'État et à d'autres décisions du gouvernement central avec un impact économique direct sur son comptes.
« L'intégration des usines de valorisation énergétique dans l'ETS ne contribuera, ni à court ni moyen terme, à augmenter les niveaux de recyclage ni à améliorer la protection de l'environnement. Au contraire, elle pourrait sérieusement entraver le respect des objectifs de rejets, fixés à un maximum de 10% pour l'année 2035 », conclut le ministre.
La lettre est également accompagnée d'un rapport exécutif, soutenu par des associations de différents pays européens qui représentent plus de la moitié des déchets urbains générés dans l'UE et qui défendent également l'exclusion de ce secteur de l'application du nouveau ETS.
Cette question sera abordée à Bruxelles en juin prochain, c'est pourquoi la Xunta demande que la position défendue par l'Espagne à l'époque devant l'UE se concentre sur le caractère unique de ce type d'installations et alerte sur l'impact économique et social qu'entraînerait l'extension de la participation au marché des droits d'émission au secteur de la récupération d'énergie.