La Plateforme pour la Justice Fiscale exige que l'Espagne et l'UE mettent à jour la liste des paradis fiscaux


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– Eduardo Parra – Europa Press – Archives

MADRID, 1er avril (EUROPA PRESS) –

La Plateforme pour la justice fiscale a appelé le gouvernement espagnol et les institutions européennes à « une révision urgente et approfondie » de la liste actuelle des soi-disant paradis fiscaux, où les grandes fortunes et les entreprises multinationales « cachent leurs bénéfices pour éviter de contribuer aux systèmes publics des pays où elles obtiennent leurs bénéfices ».

A l'occasion de la Journée mondiale pour l'abolition des paradis fiscaux, célébrée le 3 avril, la plateforme a dénoncé que, une décennie après la fuite des Panama Papers, les progrès ont été insuffisants et d'importantes lacunes persistent dans la réglementation internationale qui continuent de permettre l'évasion des capitaux vers ces « repaires fiscaux où se réfugient les pirates ».

« Les critères utilisés par l'Union européenne pour préparer sa liste restent clairement inefficaces et laissent de côté les juridictions clés qui facilitent l'évasion fiscale », a déclaré le coordinateur de la plateforme, l'économiste Juan A. Gimeno, dans un communiqué.

Comme le critique la plateforme, la liste noire communautaire ne comprend pour l’instant qu’une douzaine de territoires, alors que de nombreux pays à fiscalité faible ou nulle, comme les Bahamas, les Bermudes, les îles Caïmans ou le Luxembourg, continuent de fonctionner normalement au sein du système financier mondial.

Selon les calculs de la plateforme Tax Justice Network, rien qu’en 2024, l’Espagne a perdu près de 9,4 milliards d’euros en raison de l’abus fiscal des multinationales et des grands actifs. En outre, la plateforme a mis en garde contre les inégalités dans le système fiscal actuel, puisque les grandes entreprises paient des taux effectifs inférieurs à ceux du citoyen moyen et que ce sont précisément les grandes fortunes qui utilisent le plus ces « refuges ».

Pour toutes ces raisons, la Plateforme pour la Justice Fiscale a exhorté le gouvernement espagnol à mener une réforme européenne des critères d'identification des paradis fiscaux, ainsi qu'à soutenir des initiatives internationales telles que la future convention fiscale des Nations Unies et le taux global d'imposition des grandes fortunes de la planète à 2% par an.