La CJUE prévient que les sanctions américaines n'empêchent pas un client d'ouvrir un compte bancaire dans l'UE


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BRUXELLES, 11 juin (EUROPA PRESS) –

La Cour de justice de l'Union européenne (CJUE) a jugé jeudi que l'inscription d'un citoyen sur une liste de sanctions américaines ne constitue pas un motif suffisant pour qu'une institution financière refuse l'ouverture d'un compte de paiement de base, puisqu'il faut d'abord analyser individuellement s'il existe un risque réel de blanchiment d'argent ou de financement du terrorisme.

Cette sentence répond à une interrogation de la justice slovène concernant le cas d'un homme à qui une banque a refusé ce service parce qu'il figurait dans un registre préparé par l'Office américain de contrôle des avoirs étrangers (OFAC), une agence dépendant du Département du Trésor.

Le plaignant a fait appel de la décision, estimant qu'il n'était soumis à aucune mesure restrictive adoptée par les Nations Unies, l'Union européenne ou la Slovénie, et qu'il n'avait pas non plus été condamné pour les événements qui ont conduit à son inscription sur la liste des personnes sanctionnées par les autorités américaines.

Dans sa résolution, la Cour rappelle que tout consommateur résidant légalement dans l'UE a le droit d'accéder à un compte de paiement de base, même si ce droit doit être concilié avec les obligations de prévention du blanchiment d'argent et du financement du terrorisme.

Toutefois, la Cour européenne souligne que la simple présence sur une liste établie par un pays tiers « n'entraîne pas automatiquement une interdiction » d'établir une relation commerciale avec l'intéressé et précise que, bien que cette circonstance puisse constituer un élément pertinent dans le cadre de l'analyse que doit effectuer l'entité, elle ne suffit pas à elle seule à justifier un refus.

La CJUE souligne toutefois que le caractère limité de ce type de comptes réduit les risques de blanchiment d’argent et de financement du terrorisme, même si elle n’exclut pas qu’une entité puisse conclure, après avoir analysé la situation spécifique d’un client, qu’elle n’est pas en mesure de gérer adéquatement ce risque. Dans ce cas, ajoute le jugement, il serait justifié de refuser l'ouverture du compte.