– Glòria Sánchez – Europa Press – Archive
BRUXELLES, 22 janvier (EUROPA PRESS) –
La Cour de Justice de l'Union européenne (CJUE) a jugé que la réglementation espagnole appliquée pour refuser l'exonération de TVA à deux entités de nettoyage sanitaire et éducatif est contraire au droit de l'Union européenne, en imposant des conditions plus restrictives que celles prévues par la législation communautaire.
L'arrêt statue sur deux questions préjudicielles soulevées par le Tribunal Supérieur de Justice de Catalogne (TSJC) concernant l'application de l'exonération de TVA aux services de nettoyage fournis par deux entités – l'une dans le secteur de la santé et l'autre dans l'éducation – au sein de leur propre organisation, suite au refus de l'administration espagnole de reconnaître ladite exonération.
Le conflit est né après des contrôles fiscaux qui ont obligé l'Agrupació de Neteja Sanitària et Educat Serveis Auxiliars à facturer la TVA sur les services de nettoyage fournis aux hôpitaux et aux centres éducatifs, estimant qu'ils ne répondaient pas aux exigences de la réglementation espagnole.
L'Administration a fait valoir que l'exonération n'était pas applicable parce qu'une partie des services avait été sous-traitée à des sociétés externes et parce que les tâches de nettoyage n'étaient pas directement et exclusivement liées aux activités exonérées de ses membres, ce qui, selon elle, pouvait générer des distorsions de concurrence.
La Cour de justice conclut que la directive TVA s'oppose à une législation nationale qui exclut de l'exonération des services qui, bien que nécessaires à une activité exonérée, ne lui sont pas exclusivement destinés en raison de leur caractère général.
Selon l'arrêt, la législation européenne n'exige pas que les services soient spécifiques ou essentiels pour une opération spécifique, mais il suffit qu'ils soient directement nécessaires à l'exercice de l'activité exonérée des membres du groupe.
Le tribunal souligne que les services généraux, comme le nettoyage, peuvent être considérés comme directement nécessaires dans des secteurs d'intérêt général comme la santé ou l'éducation, où il existe également des exigences spécifiques en matière d'hygiène.
L'arrêt rejette également l'interprétation espagnole qui présume l'existence d'une distorsion de concurrence lorsque les services fournis pourraient être utilisés pour des activités soumises à la TVA, estimant que cette présomption automatique n'est pas prévue dans la directive.
La Cour de justice souligne que les États membres peuvent fixer des conditions d'application des exonérations, mais ils ne peuvent pas en modifier le contenu ni en réduire la portée, comme c'est le cas lorsque les services qui répondent aux exigences établies par le droit de l'UE sont généralement exclus.
En ce sens, rappelons que le but de l'exonération est d'éviter des coûts supplémentaires dans les activités d'intérêt général et de faciliter l'accès à certains services, donc la refuser en raison du simple caractère général des avantages priverait la norme communautaire de son contenu.
Avec cette décision, la CJUE précise que la réglementation espagnole viole le droit de l'Union en limitant indûment l'exonération de TVA pour les services fournis par des groupes autonomes de personnes qui exercent des activités exonérées.