– ARNE IMMANUEL BÄNSCH / DPA – UNIQUEMENT POUR UTILISATION EN ESPAGNE
MADRID, 27 novembre (EUROPA PRESS) –
La Cour de Justice de l’Union européenne (CJUE) a jugé que la libre circulation des capitaux n’empêche pas un État membre d’exiger des fonds de pension non-résidents qu’ils fassent une déclaration certifiée par les autorités compétentes de leur pays afin de bénéficier de l’exonération de l’impôt sur les sociétés, à condition qu’une telle exigence soit proportionnée et n’excède pas ce qui est nécessaire pour assurer l’efficacité du contrôle fiscal.
La résolution répond à une question préjudicielle posée par le Tribunal arbitral fiscal portugais concernant le fonds Santander Renta Variable España Pensiones, qui avait réclamé la restitution des retenues effectuées au Portugal sur les dividendes reçus au cours des années 2020 et 2021.
Le fonds de pension espagnol, sans établissement stable au Portugal, a reçu des dividendes d'entreprises portugaises qui étaient imposés avec une retenue à la source de 25 %, malgré le fait que l'accord bilatéral avec l'Espagne fixe un taux maximum de 15 %. Santander a demandé à la fois l'annulation des retenues et le remboursement intégral des montants, estimant que le droit de l'Union avait été violé.
La CJUE rappelle que la réglementation portugaise exige que les fonds non-résidents présentent une déclaration certifiée par les autorités du pays de résidence pour certifier qu'ils satisfont aux exigences du statut des avantages financiers, relatives au type de prestations garanties et à la nature effective du bénéficiaire des revenus.
Le tribunal portugais a noté que Santander avait tenté sans succès d'obtenir ce certificat en Espagne et s'est demandé si le manque d'équivalence avec les fonds résidents, qui ne sont pas soumis au même test, constituait une restriction à la libre circulation des capitaux.
Selon la CJUE, les fonds de pension résidents et non-résidents se trouvent dans une situation comparable, puisque tous deux peuvent bénéficier de l'exonération des dividendes reçus au Portugal, de sorte qu'exiger une charge de preuve supplémentaire uniquement pour les non-résidents constitue une différence de traitement.
La Cour admet toutefois que cette exigence peut être justifiée si elle est appropriée pour assurer la perception et le contrôle de l’impôt, à condition que les autorités compétentes de l’État de résidence disposent des pouvoirs nécessaires pour délivrer l’attestation et qu’elle puisse être obtenue dans un délai raisonnable.
L'arrêt précise que la directive relative aux activités et au contrôle des fonds de pension professionnels n'impose ni n'autorise les autorités nationales à délivrer de telles déclarations, la possibilité de les obtenir dépend donc de la législation de chaque État membre.
Par conséquent, si le tribunal portugais conclut que les autorités de contrôle espagnoles ne peuvent pas délivrer la déclaration requise ou qu’elles ne peuvent pas le faire dans un délai raisonnable, l’exigence ne serait plus suffisante pour garantir le respect matériel des exigences fiscales.
Enfin, la CJUE fait une distinction entre la demande d'exonération immédiate et la restitution ultérieure des retenues, estimant qu'exiger la déclaration comme seul moyen de preuve pour la restitution dépasse ce qui est nécessaire et viole la libre circulation des capitaux.