La CJUE confirme que les États peuvent opposer leur veto à la culture d'OGM sous certaines conditions


Dossier – Une structure moléculaire différente des attentes a été découverte dans la tige de maïs, ce qui pourrait aider à optimiser la façon dont cette culture pertinente est convertie en éthanol

– BERNARDO BOLAÑOS/CC BY-SA 3.0 – Archives

BRUXELLES, 5 février (EUROPA PRESS) –

La Cour de justice de l'Union européenne (CJUE) a validé la procédure qui permet aux États membres de restreindre ou d'interdire la culture d'organismes génétiquement modifiés (OGM) sur leur territoire, même sans qu'il soit nécessaire de fournir une justification spécifique lorsque l'entreprise détentrice de l'autorisation ne s'y oppose pas.

Dans un arrêt relatif à la culture du maïs génétiquement modifié en Italie, la Cour confirme l'interdiction adoptée par les autorités nationales et les sanctions imposées pour la plantation de cette culture interdite dans le pays.

Le litige est né après qu'un agriculteur a planté du maïs transgénique de la variété MON 810 malgré l'interdiction en vigueur au niveau national, ce qui a conduit à l'ordre de détruire les plantes, à l'imposition d'amendes d'un montant total de 50 000 euros et au recours ultérieur devant les tribunaux italiens, qui a soulevé plusieurs questions préliminaires à la CJUE.

Les juges nationaux ont notamment demandé à la Cour de se prononcer sur la validité de la procédure introduite en 2015 par le droit de l'Union permettant aux États membres de demander l'adaptation de la portée géographique d'une autorisation de culture d'OGM.

Ce mécanisme prévoit que, lorsqu'un pays présente cette demande sans fournir de justification précise et que le titulaire de l'autorisation ne s'y oppose pas dans un délai de trente jours, la Commission européenne accuse réception de l'adaptation, qui est appliquée immédiatement.

En pratique, cette adaptation signifie l'interdiction de la culture génétiquement modifiée dans les territoires exclus de l'autorisation, une possibilité que de nombreux États membres ont déjà utilisée pour cette variété de maïs transgénique.

Dans son analyse, la Cour souligne que ces interdictions sont adoptées avec le consentement tacite du titulaire de l'autorisation et souligne que le législateur européen dispose d'une large marge d'appréciation dans un domaine complexe, avec des répercussions politiques, économiques et sociales.

Sur cette base, elle conclut que la procédure ne viole pas le principe de proportionnalité et n'introduit pas de discrimination entre les agriculteurs des différents États, et considère que l'interdiction de culture ne constitue pas une restriction à la libre circulation des marchandises car elle n'empêche pas l'importation ou la commercialisation de produits contenant des OGM autorisés.

La Cour précise également que l'obligation de motiver une limitation ou une interdiction n'est exécutoire que lorsque le titulaire de l'autorisation s'y oppose expressément, circonstance qui n'existe pas en l'espèce, raison pour laquelle elle exclut toute violation de la liberté d'entreprise.