– Ricardo Rubio – Europa Press
MADRID, 16 avril (EUROPA PRESS) –
Ce jeudi, le ministre des Affaires étrangères, de la Coopération et de l'UE, José Manuel Albares, s'est félicité de la nouvelle d'un possible cessez-le-feu au Liban, une mesure qu'il juge essentielle pour la stabilité au Moyen-Orient.
Lors de la présentation du livre « Voyage vers un nouveau monde » (Editorial Arpa) à l'Institut Cervantes, Albares a fait écho à l'accord de cessez-le-feu de dix jours entre Israël et le Liban, annoncé cet après-midi par le président des États-Unis, Donald Trump.
« C'est quelque chose que nous demandons et exigeons depuis le début. Il n'y aura pas de véritable paix et stabilité s'il n'y a pas de cessez-le-feu au Liban », a déclaré le ministre lors du dialogue qu'il a eu avec les journalistes et auteurs du livre, Enric Juliana et Esteban Hernández.
Albares a cependant rappelé qu'il existe « une autre option, encore présente » pour affronter la guerre. « Il y a 10 000 soldats américains qui se dirigent vers le détroit d'Ormuz (…) Mais ni la démocratie, ni l'égalité pour les femmes en Iran, ni la prospérité, ni la stabilité pour quiconque au Moyen-Orient n'accompagneront la guerre », a-t-il déclaré.
Ainsi, il a une fois de plus souligné la position de l'Espagne du côté du « dialogue et de la diplomatie » pour résoudre ce qu'il considère comme « la plus grande crise du XXIe siècle ». « Il se situe bien sûr du côté de la paix et de la stabilité face à ce qui serait le chaos », a-t-il déclaré.
En revanche, interrogé sur le risque de « représailles » ou d'isolement international lié au maintien de cette position, Albares a exclu cette possibilité, assurant que « nous sommes dans une écrasante majorité de pays » à rejeter « la loi de la jungle ». En outre, il a affirmé qu'« en politique, on ne prend jamais de décisions par peur », rappelant l'impact de la guerre sur « les poches des citoyens espagnols ».
DÉFEND QUE L'EUROPE FAIT « UN SAUT » DANS SA SOUVERAINETÉ
Il a toutefois exclu une « rupture » avec les États-Unis, qu’il considère comme « l’allié naturel historique » de l’Europe et de l’Espagne. En ce sens, il a assuré que les deux régions entretiennent une relation transatlantique « mutuellement bénéfique », tant en matière commerciale qu'en matière de sécurité.
Albares a également souligné l'engagement de l'Espagne envers l'OTAN, tout en rappelant que « la relation transatlantique a besoin à la fois des Européens et des Nord-Américains ». À ce stade, il a souligné qu'il existe certains « postulats » de l'administration américaine actuelle qui « invitent ouvertement l'Union européenne à prendre son propre destin en main ».
Dans ce contexte, le ministre a opté pour que l'Europe « fasse un grand pas dans sa souveraineté et son indépendance », tant en matière économique qu'en matière de sécurité, « en intégrant nos industries de défense, en créant une armée européenne ».