– ULET IFANSASTI / GREENPEACE
MADRID, 4 mai. (EUROPA PRESS) –
Ce lundi, Greenpeace a qualifié de « décevant » que la Commission européenne ait proposé d'exclure le cuir du règlement contre la déforestation dans le cadre d'un paquet de mesures visant à faciliter son application avant son entrée en vigueur. Selon lui, la Commission européenne a pris sa décision sous la « pression » des secteurs économiques et les gouvernements de l'UE ainsi que le Parlement européen devraient bloquer cette exemption « s'ils estiment que la Commission a outrepassé ses limites ».
Andrea Carta, avocate de Greenpeace auprès de l'Union européenne, estime qu'« ouvrir un vide juridique » en excluant le cuir pour « plaire » à de puissantes marques de mode est « inexcusable ». « La chaîne d'approvisionnement en cuir reste un facteur de destruction des forêts aussi important qu'elle l'était lorsqu'elle a été incluse dans la loi en 2023. Les gouvernements et le Parlement européen doivent corriger cette erreur et rejeter l'exclusion des produits en cuir par la Commission », a-t-il souligné.
L'ONG environnementale a rappelé que ce matériau fait « partie intégrante » de la chaîne d'approvisionnement de l'élevage et, à ce titre, « contribue à la déforestation, notamment en Amazonie brésilienne ». En ce sens, il a été constaté que l’expansion des pâturages d’élevage représentait « 42 % » de la déforestation mondiale provoquée par l’agriculture entre 2001 et 2022.
« Une zone forestière de la taille de l'Espagne a été détruite, libérant la moitié de toutes les émissions de carbone dues à la déforestation provoquée par la production mondiale de matières premières. Plusieurs enquêtes ont documenté comment le commerce du cuir est lié à la déforestation illégale et aux violations des droits de l'homme qui en découlent », a-t-il ajouté.