« Face à la haine, à l'amour et à la liberté »

MADRID, 25 novembre (EUROPA PRESS) –

Le président du gouvernement, Pedro Sánchez, a salué l'arrêt de la Cour de justice de l'Union européenne (CJUE), qui établit que tous les États membres doivent reconnaître les mariages entre personnes du même sexe légalement validés dans un autre pays de l'UE.

« La Cour de Justice de l'Union européenne vient de décider que tous les pays de l'UE doivent reconnaître le mariage entre personnes du même sexe. De Madrid à Berlin, d'Athènes à Budapest. Un « oui, je veux » qui traverse tout le continent. Face à la haine, à l'amour et à la liberté », a indiqué Sánchez dans un message sur le réseau social X.

La CJUE a statué mardi que chaque État membre doit reconnaître la légalité d'un mariage homosexuel contracté dans un autre pays de l'Union européenne, indépendamment du fait que le mariage homosexuel ne soit pas inclus dans son système juridique national, car dans le cas contraire, il violerait la liberté de circulation et de séjour du couple concerné et le droit fondamental au respect de la vie privée et familiale.

La Justice européenne reconnaît que la législation relative au mariage est une compétence nationale, mais prévient que dans l'exercice de cette compétence, l'État membre doit également respecter le droit européen et, par conséquent, le droit « de mener une vie familiale normale » lorsque les citoyens européens exercent leur droit à la libre circulation et au séjour dans l'UE.

Ainsi, l'arrêt explique que lorsqu'un couple de citoyens européens crée une vie de famille dans l'État membre d'accueil, en l'occurrence par le biais d'un mariage légal, ils doivent pouvoir avoir la « certitude » de pouvoir la poursuivre à leur retour dans leur pays d'origine.

En outre, il prévient que le refus de reconnaître le mariage légalement contracté par deux citoyens de l'UE du même sexe dans un autre État membre peut entraîner de graves inconvénients administratifs, professionnels et privés, obligeant les époux à vivre célibataires dans l'État membre d'où ils sont originaires.

En tout état de cause, la Cour basée à Luxembourg rappelle que les pays disposent d'une marge d'appréciation pour choisir le mode de reconnaissance des mariages de ce type et que la transcription d'un acte de mariage étranger est une des possibilités et que d'autres moyens peuvent être mis en place, pour autant qu'ils soient « équivalents » à la reconnaissance établie pour les mariages hétérosexuels. La forme choisie ne doit pas rendre impossible ou excessivement difficile la reconnaissance ou la discrimination des couples formés par des personnes du même sexe en raison de leur orientation sexuelle.

L'arrêt précise également que l'obligation de reconnaissance ne viole pas l'identité nationale ni ne menace l'ordre public de l'État membre d'origine des époux, puisqu'elle n'implique pas que cet État doive envisager le mariage entre deux personnes du même sexe dans son droit national.