Demain, les dirigeants des 27 cherchent une réponse commune aux menaces américaines sur le Groenland et aux nouveaux tarifs douaniers.


Dossier – Les présidents du Conseil européen et de la Commission européenne, António Costa et Ursula von der Leyen, s'entretiennent dans la salle de réunion des sommets des dirigeants de l'UE à Bruxelles.

– ALEXANDROS MICHAILIDIS / UNION EUROPÉENNE – Archive

BRUXELLES, le 21 janvier (EUROPA PRESS) –

Les dirigeants des Vingt-Sept se réuniront ce jeudi à Bruxelles lors d'un Conseil européen extraordinaire convoqué par le président de l'institution, António Costa, pour convenir d'une réponse commune à la menace des États-Unis de prendre le contrôle du Groenland et d'imposer des tarifs douaniers aux pays européens qui ont participé aux manœuvres militaires sur l'île arctique.

En pleine crise ouverte avec l'administration de Donald Trump concernant ses intentions d'annexer une partie du territoire d'un pays membre de l'UE, le Danemark, les chefs d'État et de gouvernement de l'Union européenne se réunissent à peine un mois après le dernier sommet du Conseil européen, cette fois pour débattre d'une réponse à la « coercition » de Washington.

Ces derniers jours, les dirigeants de l'UE ont maintenu des contacts lors d'événements au cours desquels ils ont coïncidé en marge du Forum économique mondial de Davos (Suisse), même si ce sera lors de ce sommet convoqué dans la nuit à Bruxelles qu'ils devront établir la position de l'Union vis-à-vis de Washington.

Le sommet semblait en danger après l'annonce que le président français Emmanuel Macron avait invité le président américain Donald Trump à un dîner à Paris avec les pays du G7 et auquel seraient également invités les Ukrainiens et les Russes, même si cela n'a finalement pas été confirmé et le Conseil européen a corroboré la présence du locataire de l'Elysée.

En effet, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a pris la décision ce mercredi de ne pas retourner au Forum de Davos – où elle aurait rencontré Trump – pour se concentrer sur la préparation de cette réunion « très importante » et au cours de laquelle sera faite « l'évaluation » de la situation géopolitique de l'Union européenne, comme l'a expliqué lors d'une conférence de presse le porte-parole de la communauté Olof Gill.

On s'attend à ce que les dirigeants des Vingt-Sept abordent également d'autres questions, comme la possible participation de l'UE au Conseil de la paix pour la bande de Gaza organisé par les États-Unis, une invitation que certains pays membres ont déjà rejetée, comme la France, qui a soutenu qu'elle remettait en question les principes de l'ONU pour vouloir à l'avenir servir de médiateur dans d'autres conflits dans le monde.

TOUT LE MONDE EST SOLIDARITÉ AVEC LE DANEMARK ET LE GROENLAND

Pour l'instant, il existe un consensus autour de la défense du droit international, de l'intégrité territoriale et de la souveraineté nationale des pays de l'UE, comme l'a détaillé le président du Conseil européen lors de son discours ce mercredi en séance plénière du Parlement européen à Strasbourg.

Selon le socialiste portugais, il existe également un large soutien et une solidarité avec le Danemark et le Groenland, tout en partageant l'importance de la sécurité dans la région arctique, qui, selon les Vingt-Sept, devrait être garantie par l'OTAN.

Face aux menaces tarifaires de Donald Trump contre six pays de l'UE, les dirigeants des États membres conviennent qu'ils doivent réagir avec fermeté, même s'il n'y a pas de mesure concrète sur la table et que tout dépend de ce sur quoi ils se mettront d'accord lors du sommet extraordinaire qui se tiendra ce jeudi dans la capitale communautaire.

TARIFS ET MÉCANISME ANTI-COERTION, DÉFENSE POSSIBLE

Lors de son discours au Parlement européen, Costa a averti que l'Union européenne disposait de « le pouvoir et des outils » pour se défendre contre « toute forme de coercition ». « Nous sommes prêts à nous défendre, à défendre nos États membres, nos citoyens et nos entreprises », a-t-il déclaré.

La première réponse envisagée vise à rouvrir la guerre tarifaire avec Washington, en annulant l'accord commercial conclu avec Donald Trump et en réactivant le paquet de 93 milliards de droits de douane que l'Union gardait dans le tiroir depuis l'été dernier et qui entrera en vigueur le 6 février sauf accord contraire des 27.

Il existe d’autres instruments commerciaux, comme le mécanisme anti-coercition qui permet de sanctionner les pays tiers qui exercent des pressions économiques pour tenter de contraindre l’UE, un instrument très puissant mais dont le processus est plus lent et ne permet donc pas une activation immédiate.

Au total, même si cela n'est pas prévu dans l'ordre du jour des dirigeants – puisqu'il sera définitivement fermé ce jeudi matin – il est probable que le frein au Mercosur par le Parlement européen se fera discrètement au début du sommet, étant donné que le président du Parlement européen sera au départ.

En outre, ces dernières semaines se sont accumulées des questions qui pourraient être discutées au sein de ce Conseil européen, comme l'opération militaire américaine au Venezuela, les sanctions que prépare la Commission contre l'Iran ou les négociations pour l'accord de paix en Ukraine.