BRUXELLES, 25 octobre (EUROPA PRESS) –
La Commission européenne poursuivra les négociations techniques avec Pékin pour trouver une solution « mutuellement acceptable » pour mettre fin au différend sur les subventions aux voitures électriques chinoises que l'UE considère comme illégales et auquel elle a répondu par des droits de douane élevés sur ses importations, selon Les rapports indiquent des sources communautaires qui préviennent cependant que des « différences importantes » persistent.
C'est la principale conclusion des services communautaires après l'appel vidéo tenu ces dernières heures entre le vice-président économique de la Commission européenne, Valdis Dombrovskis, et le ministre du Commerce de Chine, Wang Wentao.
« Ils ont fait le point sur les progrès réalisés au cours des huit rounds de négociations techniques, ainsi que sur les divergences importantes en suspens », a indiqué le porte-parole communautaire du Commerce, Olof Gill.
Le vice-président de l'UE a profité de ce contact pour faire part aux autorités chinoises de sa « préoccupation » face aux contre-mesures de Pékin sur le brandy européen et aux enquêtes que celui-ci a ouvertes sur les secteurs porcin et laitier européens, dossiers que l'UE considère « infondés ».
Au cours de l'entretien, les deux principaux négociateurs « ont réaffirmé leur engagement politique à trouver une solution mutuellement acceptable », qui doit « être efficace pour parvenir à des conditions de concurrence équitables sur le marché de l'UE et compatible avec l'OMC (Organisation mondiale du commerce) », a ajouté le porte-parole.
Dombrovskis, qui s'exprime au nom des 27 sur les questions commerciales, et Wang ont convenu que de nouvelles négociations techniques auraient lieu « sous peu » pour continuer à progresser dans la résolution du différend.
En outre, l'UE souligne que les règles de l'OMC permettent aux entreprises impliquées de participer à l'enquête et de présenter leurs propres offres de prix, de sorte que Bruxelles « n'exclut pas les discussions » avec des exportateurs individuels lors des négociations avec Pékin.
Bruxelles a fait le premier pas cet été en appliquant une taxe provisoire pouvant aller jusqu'à 35,3% sur les véhicules électriques chinois à batterie pour compenser l'aide illégale de Pékin qui permet aux constructeurs du géant asiatique de produire à des prix bien inférieurs à ceux de leurs rivaux européens.
Malgré le vote contre l'Allemagne et la Hongrie et l'abstention de pays comme l'Espagne, l'exécutif communautaire a voté au début du mois avant le 27 pour rendre ces tarifs permanents à compter du 31 octobre. Les gouvernements n’ont pas obtenu de majorité pour ou contre la proposition, ce qui a en pratique permis à Bruxelles d’aller de l’avant avec la mesure.
UN ACCORD LAISSERAIT LES TARIFS EN SUSPENSE
Les nouveaux droits de douane s'ajouteront aux 10 % que l'UE applique déjà aux importations de voitures et augmenteront donc les droits de douane jusqu'à 45,3 % pour certains constructeurs. Sa publication au Journal officiel de l'UE (JOUE) est prévue pour le 30 octobre et son entrée en vigueur se fera donc un jour plus tard.
Cependant, Bruxelles insiste sur le fait que le dialogue reste ouvert pour rechercher une solution « alternative » et des sources communautaires expliquent que si un accord est trouvé, les tarifs pourraient être suspendus avec les producteurs qui assument les conditions convenues. En général, la taxe est applicable pendant cinq ans, même si elle peut être suspendue en cas d'accord.
Concrètement, la proposition finale révise légèrement certains des pourcentages qui seront imposés à SAIC – le plus grand fabricant du pays – et aux producteurs n'ayant pas coopéré, confrontés à une taxe de 35,3% (par rapport aux 36,6% initiaux).
Ils sont suivis par Geely avec 18,8%, BYD avec 17% et Tesla avec 7,8% (contre 9% initialement estimés) ; En outre, 20,7% seront imposés au reste des entreprises ayant coopéré à l'enquête.